L’irréligion, la religion et l’Evangile (Luc 15.1-12)
Pierre-Sovann | 17 novembre 2008Voici un résumé de ma prédication d’hier. Dans le texte de Luc 15.1-12 Jésus oppose trois façons de vivre : l’irréligion, la religion et l’Évangile. L’irréligion, c’est le fait de rejeter Dieu, de vouloir vivre sans lui. La religion, c’est le fait d’essayer de faire des choses pour Dieu afin qu’il nous soit favorable. Mais l’Évangile diffère de la religion comme de l’irréligion en ce qu’il propose une nouvelle compréhension du péché, de notre valeur et du salut.
I. Une nouvelle compréhension du péché.
La compréhension traditionnelle du péché, c’est que l’on pèche lorsqu’on ne respecte pas la liste des choses interdites. Les gens religieux pensent qu’on est quelqu’un de moral si on respecte les règles et qu’on est quelqu’un d’immoral si on les transgresse. Et pour les gens irréligieux le péché, c’est la liste des règles que respectent les gens religieux qui ne savent pas profiter de la vie.
Mais pour Jésus, le péché, ce n’est pas seulement violer les règles données par Dieu : le péché consiste d’abord à s’éloigner de Dieu, à vouloir vivre hors de sa présence comme une brebis qui veut chercher sa nourriture hors de la surveillance de son berger. Cette définition du péché n’englobe pas seulement les gens irréligieux qui violent constamment les règles établies par Dieu, car d’après la Bible tous les humains sont pécheurs : personne ne cherche Dieu. Les irréligieux fuient Dieu en rejetant ses lois, mais les religieux fuient Dieu en essayant de mériter ses faveurs, car dans ce cas, on obéit à Dieu, non pour lui-même, mais pour les bénéfices qu’on espère retirer de notre obéissance. Si on se rend compte qu’on est tous coupables de fuir Dieu, qu’on soit religieux ou irréligieux, alors ça révolutionne notre compréhension du péché : religieux ou non, nous sommes plus mauvais, plus pécheurs que ce que nous n’aurions jamais pu imaginer !
II. Une nouvelle compréhension de notre valeur.
Pour les gens irréligieux, ce qui régit le monde, c’est le hasard. Si c’est le cas alors rien n’a de sens et l’être humain n’a pas de valeur. Et pour les gens religieux, on a de la valeur si et seulement on est quelqu’un de bien.
Mais pour Jésus, nous avons de la valeur simplement parce qu’il l’a décidé de nous chérir. Il ne nous aime pas parce que nous lui sommes utiles, mais simplement parce qu’il l’a choisi. Avec Jésus, on comprend qu’on n’a pas besoin de faire semblant d’avoir de la valeur et on comprend aussi qu’on n’a pas besoin de prouver qu’on est quelqu’un de bien : le seul fait que Dieu ait choisi de venir jusqu’à nous pour nous sauver doit nous suffire. Jésus révolutionne ici notre compréhension de notre valeur : nous sommes plus aimés, plus acceptés que ce que nous n’aurions jamais osé espérer !
III. Une nouvelle compréhension du salut.
L’Évangile nous annonce que nous sommes plus méchants, plus pécheurs que nous n’aurions jamais pu imaginer, mais en même temps nous sommes plus aimés, plus acceptés que ce que nous n’aurions jamais osé espérer. Le salut ne se mérite pas comme le pensent les gens religieux. Ce n’est pas non plus quelque chose d’automatique, comme le pensent les gens irréligieux qui croient que, si jamais Dieu existe, il sauvera tout le monde.
Mais le salut, c’est quelque chose que Jésus fait à ma place. C’est lui qui part à ma recherche, c’est lui qui me donne tout ce qui est nécessaire à mon salut. Je ne peux être sauvé que parce que Jésus tient dans sa main mon salut du début à la fin, parce qu’il m’a choisi avant la fondation du monde, parce qu’au moment voulu il m’a accordé la repentance et la foi, parce qu’il me gardera toujours en sécurité et qu’il me prendra avec lui dans la gloire ; et je ne peux être sauvé que parce qu’il est venu pour faire ce que je ne pouvais pas faire, venant vivre la vie que je devrais vivre et souffrir la mort que je devrais souffrir. Ainsi, Jésus n’est pas venu pour que nous nous sauvions nous-mêmes grâce à son aide : Il est venu nous sauver complètement, de sorte que lorsque nous décidons de revenir à Dieu au lieu de le fuir, c’est à Dieu seul que revient toute la gloire dans notre conversion. C’est pour ça que Jésus accueillait des pécheurs et qu’il mangeait avec eux : pour signifier que notre salut fait la joie de Dieu parce que c’est ainsi que son amour, sa miséricorde et sa gloire se manifestent.
Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : L’irréligion, la religion et l’Évangile. Cette prédication a également été enregistré et est mise à disposition sur la page « messages » de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.





