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Le baptême, signe et sceau de la justice (Rm 4.1-11)

Pierre-Sovann | 27 avril 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le dimanche 12avril à l’Eglise Protestante Evangélique de Sannois à l’occasion du baptême de deux amis de mon ancien groupe de jeunes et de celui de ma petite sœur. Dans le texte de Romains 4.1-11, l’apôtre Paul présente la circoncision comme le signe et le sceau de la justice qui vient par la foi. Comme le baptême est la nouvelle circoncision, j’ai voulu parlé du baptême comme d’un signe et d’un sceau de la justice qui vient par la foi.

I. Le baptême est un signe

Le symbolisme du baptême est principalement celui d’une purification. C’est pour ça qu’on utilise de l’eau. Le baptême, c’est un peu le signe de ce qu’on fait lorsqu’on prend un bain ou lorsqu’on prend une douche.

La souillure dont parle la Bible n’est pas une crasse physique mais un état moral. C’est spirituellement que nous avons besoin d’être purifiés de ce que la Bible appelle le péché. Le péché, c’est avant toute autre chose une attitude d’hostilité envers Dieu et une volonté d’être notre propre maître de sorte que nous refusons de mettre en pratique la Loi de Dieu, ce qu’il exige de nous. Et de toute manière, ce que Dieu exige de nous, c’est la perfection, et tout le temps. Nous devons nous abstenir de tout mal, et pire : nous devons faire tout le bien que nous avons l’occasion de faire. Si nous ne sommes pas parfaits tout le temps, alors aux yeux de Dieu nous sommes moralement impurs de sorte que Dieu ne peut nous accepter en sa présence, et que tout ce que nous méritons, c’est sa colère.

Alors comment être purifiés ?

Ce n’est pas par nos propres efforts. L’exemple d’Abraham suffit à le montrer. Abraham n’était pas parfait, mais c’était globalement quelqu’un de très bien. C’est un des héros de la foi. Mais la Bible nous enseigne que même dans le cas d’un homme comme Abraham, on ne peut être purifié par ses œuvres, par ses propres forces. On ne peut aucunement contribuer à sa propre purification.

Alors comment être purifiés ?

Non pas en travaillant pour mériter notre purification – car c’est impossible – mais en recevant cette purification comme un don. La purification que symbolise le baptême, c’est la purification par une justice qui n’est pas la nôtre mais qui est mise à notre crédit. Cette justice, c’est la justice de Jésus-Christ. Comment cette justice est-elle mise à notre compte ? C’est par le moyen de la foi, c’est-à-dire en croyant que Jésus a vécu à notre place la vie d’obéissance que nous devrions tous vivre et qu’il a souffert à notre place la mort que nous devrions tous souffrir en tant que transgresseurs de la Loi de Dieu.

Le baptême est donc un signe qui nous confirme que tout notre salut repose sur le sacrifice unique du Christ offert pour nous sur la Croix ; et qui nous rappelle et nous assure que l’unique sacrifice de Christ sur la croix est pour notre bien selon la promesse de Dieu que ceux qui mettent leur confiance en Jésus sont lavés de l’impureté de leur âme, c’est-à-dire de tous leurs péchés, aussi certainement que l’eau lave extérieurement de la saleté du corps ; et qui proclame que ceux qui croient dans le sacrifice de Jésus reçoivent de la grâce de Dieu le pardon des péchés à cause du sang du Christ versé pour nous lors de son sacrifice sur la croix.

II. Le baptême est un sceau.

Le baptême ne sert pas seulement à signifier le pardon des péchés, il sert aussi à sceller en ceux qui croient l’assurance de la véracité des promesses de Dieu. Le signe du baptême sert à confirmer les promesses de Dieu et à être assuré qu’aussi sûrement que l’eau lave le corps, aussi surement le sacrifice du Christ nous purifie du péché et nous délivre de sa condamnation. Autrement dit, le baptême est une aide qui nous est donnée par Dieu, qui nous rappelle de manière sensible par une image visible la vérité des promesses de Dieu en ce qui concerne notre salut.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le baptême, signe et sceau de la justice.

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Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle

Pierre-Sovann | 8 avril 2009

Voici un résumé de l’intervention que j’ai donnée le 16 mars dans le cadre d’une soirée Protestants en débats pour 2009 organisée par différentes églises protestantes du val d’oise sur le thème de l’influence de la pensée de Jean Calvin sur notre vie spirituelle aujourd’hui. J’ai donc fait la lecture d’un texte de Calvin qui nous rappelle que nous devons chercher tout ce dont nous avons besoin en Jésus-Christ et non ailleurs, ce qui m’a amené à poser les trois questions suivantes :

I. Pourquoi Calvin prend-il la peine de nous rappeler que tous les trésors de tous les biens sont en lui ?

La raison principale pour laquelle Jean Calvin doit nous rappeler que nous devons trouver tous les trésors de tous les biens en Jésus-Christ, c’est que « l’esprit de l’homme est une boutique perpétuelle et de tout temps pour forger idoles ». L’homme déchu est, pour Calvin, naturellement idolâtre. Il cherche à être son propre Seigneur et son propre Sauveur, et au lieu de chercher tous les trésors de tous les biens dans le Christ, il les cherche ailleurs. L’idolâtrie peut se manifester de plusieurs manières. Mais il s’agit toujours soit d’ajouter, soit de retrancher à la Parole de Dieu, à la Bible. Nous pouvons être tentés d’ajouter des lois que nous avons forgé nous-mêmes et que nous cherchons à observer servilement pour en tirer quelques profits, ou encore de chercher des révélations extra-bibliques que nous attribuons à l’Esprit mais qui ne sont que le produit de notre imagination. Ou alors nous pouvons vouloir retrancher à la Bible en éliminant ce qui nous dérange et en nous forgeant un Christ à notre image vidé de sa substance biblique. En fait, l’anthropologie calvinienne est fondamentalement pessimiste : l’homme est incapable par lui-même d’aller à Dieu et donc de puiser en lui tous les trésors de tous les biens.

II. Comment pouvons-nous puiser toutes ces choses en Jésus-Christ ?

Christ est au ciel et nous sommes sur la terre. Tant que nous ne sommes pas unis à lui, tout ce qu’il a fait en faveur de son peuple ne nous est d’aucun bénéfice. « Il faut donc, pour nous communiquer les biens dont le Père l’a enrichi et rempli, qu’il soit fait nôtre et habite en nous ». L’union avec le Christ est pour Calvin semblable à une greffe par laquelle nous devenons véritablement un avec lui-même. Il ne s’agit pas là d’une union mystique par laquelle la nature divinité est infusée en l’homme. Le Christianisme biblique ne propose en effet aucunement de fusion avec la divinité, de divinisation de l’homme. Ce que propose le Christianisme, c’est union spirituelle avec le Christ, c’est-à-dire une union effectuée par le Saint-Esprit qui œuvre ici-bas et qui nous met au bénéfice de l’œuvre accompli par le Christ ressuscité qui réside à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant. Par l’Esprit, la foi nous est donnée, et par l’Esprit, nous sommes unis au corps du Christ pour former la communauté de l’Eglise. Ainsi, Dieu en nous illuminant en la foi par son Esprit, nous greffe au corps du Christ pour nous rendre participants de tous ses biens. C’est de cette manière que nous pouvons puiser tous les trésors de tous les biens en Jésus.

III. Que trouvons-nous comme trésors en Jésus ?

Les bienfaits que nous pouvons retirer de notre union avec le Christ sont très nombreux. Le principal est celui de la justification par la foi. Par l’union avec le Christ, la justice du Christ devient celle du croyant. Purifiés de ses péchés par le sacrifice du Christ avec qui il est désormais un, il est déclaré juste devant Dieu. La perfection du Christ recouvre alors toutes les imperfections des croyants. La justification est ainsi un concept juridique : nous sommes déclarés justes aux yeux de Dieu, parce que nous sommes unis au Christ. Mais il ne s’agit pas là d’une fiction juridique. Au contraire, celui qui est unit au Christ est non seulement déclaré juste, mais à ce moment-même est aussi implantée en lui la semence de la sainteté qui produit, par l’Esprit de Dieu, une vraie piété qui nous rend capable de souffrir patiemment dans cette vie en étant assurés que les promesses de Dieu sont vraies, qu’en Christ il nous a fait ses enfants et qu’avec lui nous hériterons de la vie éternelle. Tels sont les trésors de tous les biens que nous pouvons puiser en lui si nous sommes unis à lui.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle.

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