Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel
Pierre-Sovann | 8 juin 2009Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes et à la Rencontre du Dimanche soir hier sur le texte de Jean 3.22-30 qui nous parle du « passage de témoin » entre Jean-Baptiste et Jésus. Ce texte nous apprend à nous réjouir plutôt qu’à être jaloux.
I. La jalousie des disciples
Lorsque vient pour nous le moment de céder la place, la réaction la plus naturelle que nous pouvons avoir, c’est le ressentiment, l’amertume et la jalousie. C’est dans notre texte l’attitude des disciples de Jean : ils ne veulent pas que le rayonnement du ministère de Jésus éclipse le rayonnement de leur propre maître.
II. La joie de Jean-Baptiste
Jean-Baptiste, pourtant, ne réagit pas avec jalousie et amertume lorsqu’il se rend compte que Jésus commence à avoir du succès, et que cela se fait au dépend de son propre succès. Au contraire il réagit avec beaucoup de joie. Comment cela est-il possible ? C’est parce qu’il trouve sa valeur non dans ses performances et dans son succès, mais dans l’amour qu’il reçoit de Dieu manifesté en la personne de Jésus-Christ. Voici trois caractéristiques de cette joie :
(i) il s’agit d’une joie qui trouve son fondement dans le principe-clé : « un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel ». Il n’y a rien que nous avons que nous n’ayons reçu. Nos dons, nos capacités ne sont pas le produit de nos efforts seulement mais sont finalement quelque chose qui relève du donné. Nous n’avons donc pas de quoi nous en vanter car il n’y a rien que nous avons que nous n’ayons reçu. Pour cette raison, il est inutile d’être jaloux de qui que ce soit. Notre valeur ne dépend pas de l’importance qu’on nous reconnait, du nombre de personnes que l’on dirige, de l’admiration que l’on suscite ou de l’argent qu’on a sur son compte bancaire. Notre valeur dépend uniquement de ce que Dieu nous aime. Pour cette raison nous pouvons relativiser le besoin de prouver aux autres que nous sommes quelqu’un car « un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel ». Et si c’est le cas, nous sommes libérés de la course de la performance et pouvons éprouver au lieu de la jalousie, de l’amertume et du ressentiment une joie intense et durable.
(ii) il s’agit d’une joie qui se manifeste pour une attitude de service. Lorsqu’on sait que notre valeur ne dépend pas de notre succès et de notre popularité, on devient libre du regard des autres. La conséquence, c’est qu’on peut se réjouir simplement de la mission qui nous est confié par Dieu, et l’accomplir dans la joie que l’on remarque ou non notre service. Jean-Baptiste savait que son rôle n’était pas d’être le Messie, mais seulement celui qui préparait sa venue. Il savait que ce n’était que temporairement qu’il devait occuper le devant de la scène. Sa joie ne dépendait pas de sa popularité mais du simple fait de servir son maître. Et pour cette raison, il peut nous dire que sa joie était parfaite.
(iii) il s’agit d’une joie qui a pour conséquence le désir de laisser toute la place à Jésus. Lorsqu’on aime vraiment quelqu’un, on veut que cette personne soit aussi appréciée par les autres. La joie d’aimer quelqu’un conduit à lui faire le plus de place possible dans notre vie et dans celle des autres. C’est ce genre de joie que Jean-Baptiste éprouvait. Pour lui, Jésus comptait tellement qu’il voulait que tout le monde le connaisse. Pour cette raison, ce n’est pas du tout une mauvaise nouvelle que la célébrité de Jésus commence à éclipse la sienne : c’est exactement ce qu’il souhaitait depuis le début !
Conclusion : Jean-Baptiste est un exemple formidable à suivre. Le problème, c’est que nous ne sommes souvent pas comme lui. Nous ressemblons plus souvent à ses disciples qu’à lui : nous éprouvons plus facilement de la jalousie et du ressentiment que de la joie. Alors, comment devenir comme lui ? C’est en considérant ce que Jésus a fait pour nous. Il s’est donné lui-même pour nous. Plus nous contemplons cette vérité simple – mais merveilleuse – plus nous sommes remplis d’une joie immense. Et c’est lorsque cette joie nous rempli que nous sommes libérés du besoin de prouver qu’on est quelqu’un.
Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.





