D’après-vous, qui suis-je ? (Mc 8.27-31)
Pierre-Sovann | 6 juillet 2009Voici le résumé de l’intervention que j’ai faite jeudi dernier dans le cadre du camp ADN ( »Annonce De la Nouvelle ») organisé à Paris par les Groupes Bibliques Universitaires.
I. Ce que l’on dit de Jésus.
Pour faire le bilan de son activité publique en Galilée, Jésus demande à ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? ». Les disciples rapportent alors l’opinion majoritaire du peuple : Jésus serait un prophète dans la lignée d’Elie et de Jean-Baptiste.
II. Pourquoi il est important de répondre à la question : « qui est Jésus d’après-vous » ?
Jésus ne se contente pas de demander ce que l’on pense de lui. Il ne demande pas seulement à ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » mais il leur demande aussi : « Et pour vous, qui suis-je ? ».
Jésus ne veut pas seulement que nous soyons au courant des diverses théories qui peuvent circuler sur sa personne, il veut aussi que nous nous positionnions existentiellement face à lui. Il veut que nous formulions sur lui une opinion qui soit informée, qui soit sérieusement fondée, qui prenne réellement en compte les faits qui sont rapportés à son sujet – notamment qu’il s’est attribué des prérogatives divines, que des témoins ont prétendu qu’il avait fait des miracles, que ses disciples sont arrivés à la conclusion qu’il était Dieu, que des centaines de personnes ont affirmés après sa mort qu’il était ressuscité et qu’elles en étaient tellement convaincues qu’elles étaient prêtes à mourir en martyre pour maintenir cette affirmation.
Après avoir examiné les faits, on peut arriver à la conclusion que le Jésus du Nouveau Testament est une légende – mais pour des raisons littéraires et historiques, cette conclusion me semble intenable. Ou alors on peut arriver à la conclusion que Jésus était juste un sage, un gars bien – mais ces déclarations sont parfois bien trop détonantes et provocatrice pour permettre une telle conclusion. Ce qui nous conduit à l’alternative suivante : soit c’était un fou, soit c’était un dangereux manipulateur, soit il était réellement qui il prétendait être… Mais comme sa vie et son enseignement ne semblent pas être celle d’un fou ou d’un dangereux manipulateur, il faut sérieusement considérer la possibilité qu’il est peut-être réellement ce qu’il prétend être.
III. Ce que Jésus dit de lui-même.
Lorsque Pierre déclare qu’il croit que Jésus est le Christ, Jésus ne le contredit pas. Il affirme ainsi implicitement qu’il est bel et bien le Messie tant attendu, le libérateur de son peuple, celui qui a été institué de Dieu le Père et oint du Saint-Esprit pour nous délivrer de nos péchés.
Mais à cause du décalage qui existait entre les attentes du peuple d’un libérateur national qui soustrairait la Judée à l’occupant romain et la conscience de sa propre mission qui était de libérer son peuple de ses péchés, Jésus demande à ce qu’on ne lui attribue pas ouvertement le titre de Messie. Il préfère parler de lui-même comme du « Fils de l’Homme », qui était initialement une expression banale pour parler de l’Homme avec un grand H – et non un titre, ce qui lui permet de redéfinir sa mission : celle d’accomplir le pardon des péchés.
Pour accomplir sa mission, il doit souffrir beaucoup (car en revêtant notre humanité, il a aussi pris sur lui nos souffrances) mais il doit aussi être mis à mort (parce que la mort est la sanction que nous mérite notre péché et que Jésus vient se substituer à nous) et ressusciter trois jours après (parce qu’étant lui-même sans faute, la mort ne peut le retenir, et il manifeste ainsi qu’il a triomphé du péché et qu’il nous a acquise une justice qu’il met à notre compte).
C’est en examinant ce que Jésus dit de lui-même que nous devons répondre à sa question : « Et pour vous, qui suis-je ? ».
Le texte complet de la conférence est disponible au format pdf : D’après-vous, qui suis-je ?





