Injures, moqueries, insultes (Mt 27.39-44)
Pierre-Sovann | 21 avril 2010Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 28 mars 2010 à partir du texte de Matthieu 27.39-44 qui décrit l’attitude des personnes qui entouraient Jésus lors de sa crucifixion.
I. Les injures des passants
L’évangéliste Matthieu décrit les insultes que les passants lancent à Jésus d’une manière bien spécifique : en faisant écho au psaume 22, psaume exprimait la souffrance d’un juste persécuté injustement. Le but de Matthieu est donc clair : il veut dépeindre Jésus sous cette figure du juste persécuté. Et à juste titre : Jésus est celui qui est suprêmement juste et qui, sur la croix, subit la persécution la plus suprêmement injuste. Et comment les passants l’injurient-ils ? En reprenant à leur compte les paroles du tentateur : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix » Les voix sont celles des passants, mais les paroles sont celles du diable. Sur la Croix, Jésus doit faire face à la plus grande tentation de sa vie : celle de céder à la facilité, d’utiliser la puissance de sa divinité pour ne pas passer par le chemin de la souffrance, celle de se décrocher de la croix pour mettre fin à la plus grande épreuve qu’il a jamais traversé.
II. Les moqueries des grands-prêtres, des scribes et des anciens
Les chefs religieux se moquent, ironisent. Ils rappellent à haute voix que Jésus a fait de nombreux miracles pour sauver les autres… Mais alors, pourquoi ne peut-il pas se sauver lui-même et se décrocher de la croix ? La réponse est certaine pour eux : c’est parce que Jésus est un imposteur. Ses miracles n’étaient pas accomplis dans la puissance de Dieu, mais dans celle du démon. La preuve ? Il est pendu au bois de la croix, maudit par Dieu, sans pouvoir se décrocher. Par leurs bouches, Jésus s’entend dire qu’il n’était pas le Fils de Dieu, que Dieu ne l’aimait pas, que son propre Père lui était hostile.
III. Les insultes des brigands crucifiés avec lui
On pourrait s’attendre à ce que des criminels qui subissent le même sort que Jésus ait un peu de sympathie pour lui alors qu’il est innocent. Mais non. Et cela montre bien que Jésus est le juste persécuté par excellence que préfigurait le psaume 22.
Conclusion : le juste persécuté (Jésus) est persécuté injustement par des injustes (les passants, les chefs religieux, les brigands) pour que des injustes (nous) ne soient plus persécutés justement par le Dieu juste. Car sur la croix, Jésus prend notre place, afin de nous délivrer du jugement de Dieu. Tel est le message libérateur de l’Evangile.
Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Injures, moqueries, insultes.





