Un apprenti-pasteur à Paris

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Artisans de paix (Mt 5.38-48)

Pierre-Sovann | 12 avril 2011

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée le 4 juillet 2010 à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise de la rue de Sèvres sur le texte de Matthieu 5.38-48 dans lequel Jésus exhorte ses disciples à s’abstenir de vengeance et à aimer tous leurs prochains. Explication d’un texte difficile :

I. Qu’enseigne Jésus dans ce passage ? (v.37-43, 44-47)

Dans toute cette section du sermon sur la montagne (5.21-48), Jésus oppose son enseignement à celui « des scribes et des pharisiens » (5.20) qui avaient une interprétation très littérale mais qui détourne d’une manière ou d’une autre de la finalité divine de ces commandements. Mais Jésus, lui, explique véritablement le sens de la Loi. Par exemple, l’adage « œil pour œil, dent pour dent » n’a jamais eu pour finalité de justifier une forme de vendetta. Au contraire, les textes de l’Ancien Testament qui font appel à cette maxime assigne précisément le rôle de rétribution aux juges du peuple. Dans l’Ancien Testament déjà, « œil pour œil, dent pour dent » s’opposait à la vengeance interpersonnelle et établissait une justice institutionnelle. Mais les scribes et les pharisiens sortaient la phrase du contexte pour justifier la vengeance. Jésus s’oppose à eux, expliquant clairement qu’il attend de ses disciples qu’ils se conforment au principe de non-vengeance lorsqu’on s’attaque aussi bien à notre dignité, qu’à nos droits, notre liberté ou nos possessions.

De même, Jésus s’oppose à l’interprétation restrictive du « tu aimerais ton prochain » que certains spécialistes de la Loi donnait pour ménager une place à un précepte contraire : « tu détesteras ton ennemi ». La stratégie visée est celle que les humains mettent naturellement en place lorsque Dieu demande l’amour du prochain : celle qui consiste à poser la question « Qui est mon prochain ? » et à répondre dans la foulée « celui qui m’aime et que j’aime, mais pas les autres ». Mais non ! Jésus s’oppose à cette interprétation. Ses disciples doivent considérer chacun, même son ennemi, comme son prochain et lui faire du bien autant qu’il le peut.

Un tel enseignement de Jésus devrait nous mettre mal à l’aise, parce qu’il nous place face à nos manquements.

II. Comment pouvons-nous appliquer un tel enseignement ? (v.44, 48)

Comment vivre cette vie que Jésus veut que nous vivions ? En réfléchissant à la manière dont Dieu nous a traités lorsque nous étions encore ses ennemis. Depuis notre naissance, nous sommes tous orientés contre Dieu, voulant vivre comme bon nous semble, n’en faisant qu’à notre tête. Cette orientation nous place dans une situation d’inimitié avec Dieu. Alors comment Dieu a-t-il répondu à ce mal que nous lui faisons ? Il aurait pu se contenter de nous condamner en toute justice à une séparation éternelle et totale d’avec lui qui aurait signifié pour nous un malheur éternel, et nous n’aurions pas eu à nous en plaindre. Mais Dieu nous a fait du bien alors que nous méritions d’être punis le plus sévèrement. Il nous a donné non seulement de bonnes choses comme le soleil et la pluie qui permettent la vie humaine, mais plus encore, il s’est donné lui-même pour nous, en la personne Jésus-Christ, pour vivre la vie que nous devrions tous vivre et souffrir la mort que nous devrions tous souffrir. C’est en contemplant ce que Dieu a fait pour nous alors que nous étions encore ses ennemis que nous pouvons commencer à rendre le bien pour le mal, à cesser d’être obsédés par les atteintes qui sont portés à notre dignité, à nos droits, à notre liberté ou à nos biens, à faire du bien à ceux qui nous font du mal et à prier pour ceux qui nous persécutent.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Artisans de paix.

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La parabole de l’intendant infidèle (Luc 16.1-13)

Pierre-Sovann | 9 avril 2011

Voici le résumé d’une courte intervention que j’ai donné le 25 mai 2010 lors d’une « conférence finance » organisée par le Groupe Biblique Universitaire de Centrale. Il m’avait été demandé d’expliquer la parabole de l’intendant infidèle (Luc 16.1-13) qui est souvent considérée comme l’une des plus difficiles à comprendre. J’ai proposé à l’auditoire que Jésus établit avec cette parabole quatre contrastes par lesquels il montre que nous devons, en tant qu’intendant fidèle, utiliser avec prudence les richesses que notre maître met à notre disposition pour accumuler de vraies richesses, éternelles :

Premier contraste : Fidèle ou infidèle ?

Jésus oppose dans ce texte « celui qui est fidèle » à « celui qui est infidèle ». Il est clair que, dans notre rapport à l’argent et dans tous les domaines de notre vie, nous sommes appelés à être fidèles plutôt qu’infidèles. Il s’agit donc d’être « des intendants fidèles à Dieu ». La métaphore utilisée suggère en fait que ce que nous appelons « notre argent » n’est pas nôtre, mais sien. La conséquence en est que nous sommes responsables devant lui de l’utilisation que nous faisons de notre argent. Nous devons être des utilisateurs fidèles des biens qu’il nous confie.

Deuxième contraste : Des trésors temporels ou des trésors éternels ?

En nous appelant à être fidèle dans les « moindres choses », Jésus nous appelle à être fidèle à Dieu dans notre emploi de l’argent. Que l’argent fasse partie des « moindres choses » devrait nous faire réfléchir ! Ce qui est vraiment important, pour Jésus, c’est ce qui est éternel, ce sont les amis que nous pouvons nous faire pour l’éternité grâce à notre utilisation de l’argent, ce sont les personnes qui pourront entendre et croire à l’Evangile grâce à l’argent que nous avons donné pour cela.

Troisième contraste : Dieu ou Mammon ?

Jésus déclare qu’il faut choisir soit Dieu, soit Mammon (l’Argent). L’intendant infidèle vivait pour l’argent, mais les disciples de Christ, eux, devraient vivre pour Dieu. C’est une illusion de ce dire qu’on peut posséder de l’argent. L’alternative est la suivante d’après Jésus : soit Dieu nous possède, nous et notre argent, soit l’Argent nous possède.

Quatrième contraste : Prudents ou stupides ?

Jésus dit dans ce passage que ceux qui ne mettent pas leur confiance en lui sont souvent plus prudents que ceux qui suivent Jésus-Christ parce que, eux, savent mettre à profit toutes les opportunités qu’ils ont pour amasser de l’argent alors que les disciples de Jésus ne sont pas aussi avisés pour mettre à profit toutes les opportunités qu’ils ont de se faire des trésors dans le ciel. Le chrétien est prudent comme cet intendant infidèle lorsqu’il saisi les opportunités qui se présentent à lui pour faire avancer la prédication de l’Evangile, lorsqu’il prend pleinement conscience que le temps vient où le « mammon d’injustice » fera défaut et où l’argent que nous avons maintenant ne nous servira plus à rien. Dès lors, l’argent que nous avons maintenant doit être investi autant que nous le pouvons à nous faire des amis dans le ciel, en contribuant à des projets dans le monde et près de chez nous qui font avancer la prédication de l’Evangile.

Un intendant fidèle utilisera l’argent de son maître avec prudence pour accumuler de vraies richesses éternelles.

Le texte complet de l’intervention est disponible en pdf : La parabole de l’intendant infidèle.

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La joie d’un peuple passé des ténèbres à la lumière (Es 8.23-9.6)

Pierre-Sovann | 7 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée le 7 février à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes sur le texte de Esaïe 8.23-9.6 dans lequel le prophète annonce au peuple une grande joie qui effacera à l’avenir le désespoir présent du peuple, une grande joie dont la cause est triple :

I. Une grande victoire

Le prophète Esaïe annonce que, même si à son époque les Assyriens sont sur le point d’envahir Israël, au final, le peuple de Dieu obtiendra une grande victoire, une victoire semblable à celle remportée autrefois sur Madian sous la direction de Gédéon et grâce à l’intervention miraculeuse de Dieu.

II. Une grande paix

La victoire qu’a annoncé le prophète sera si totale si définitive et débouchera sur une paix si grande qu’on pourra se débarrasser des instruments de guerre qui ont permis d’obtenir la victoire. C’est une vision paradisiaque que nous offre ici Esaïe.

III. Un grand roi

Cette grande victoire et cette grande paix qui réjouiront le peuple de Dieu seront le résultat du règne d’un enfant à naître qui sera le grand roi que le peuple attend. Il sera plus grand que Salomon, plus grand que David, en fait même plus grand qu’Abraham ou qu’Adam. Car voici ce que fera le maître de l’univers avec cet enfant : « Étendre la souveraineté, donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et pour toujours ». Par une grande victoire, ce grand roi assurera une grande paix à son peuple. C’est pourquoi le peuple de Dieu peut se réjouir !

Le prophète Esaïe et le peuple auquel il s’adressait n’ont pu voir s’accomplir qu’une seule de ses trois promesses d’une grande victoire, d’une grande paix et d’un grand roi. Sous le règne d’Ezéchias, le peuple a été délivré miraculeusement lors du siège de Jérusalem par les Assyriens. Mais cette victoire n’a pas débouché sur la paix annoncée par Esaïe, et Ezéchias n’a pas été le roi plus grand que David et Salomon qu’on était en droit d’attendre. Et pour cause. Ce qu’il faut pour instaurer une paix véritable et durable, ce n’est pas seulement une victoire militaire contre une puissance politique régionale. Ce qu’il faut plutôt, c’est venir à bout de la dureté du coeur humain et de sa corruption morale. Et cela, Ezéchias ne pouvait bien sûr pas le faire.

Mais un autre roi est venu pour remporter cette victoire. En vivant la vie que nous devrions tous vivre, en souffrant la mort que nous devrions tous souffrir, il a vaincu la puissance du péché de sorte que ceux qui sont en lui peuvent se  réjouir de sa grande victoire sur le péché et le diable, de la grande paix en laquelle résulte cette victoire, et de leur grand roi qu’ils peuvent contempler pour l’éternité. Cette victoire n’est pour l’instant qu’une victoire de principe, mais elle est d’ores et déjà certaine, et tous s’en rendront compte lorsqu’il reviendra pour juger les vivants et les morts.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : La joie d’un peuple passé des ténèbres à la lumière. Cette prédication a également été enregistrée et est disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Une stratégie missionnaire, deux réactions différentes (Ac 17.1-15)

Pierre-Sovann | 7 mars 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes et à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 2 novembre 2009 sur le texte d’Actes 17.1-15 qui nous permet de nous arrêter sur la stratégie missionnaire de Paul et de voir quels étaient les réactions qu’entraînaient toujours la proclamation de ce qu’il avait à dire…

I. Ce que fait Paul

La stratégie missionnaire de Paul, dans toutes les villes où il passait, était d’aller d’abord dans les synagogues, parce que c’est là qu’on n’y trouve des personnes qui connaissent l’Ecriture, afin de pouvoir former rapidement un premier petit noyau de croyant pour établir une église dans cette ville. Et une fois arrivé à la synagogue, que fait-il ? Il parle :

II. Ce que dit Paul

Paul ne parle ni de sa rencontre personnelle avec le Christ, ni de la vie changée qui en a découlé. Il ne leur donne pas son témoignage. Ce qu’il fait plutôt, c’est discuter avec ses auditeurs à partir des Ecritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter. Ca nous montre bien comment nous devrions lire la Bible : non comme un manuel d’instruction qui nous donne des préceptes sages pour savoir comment vivre, mais comme une histoire, l’Histoire du Salut, qui culmine en Jésus-Christ, qui est celui qu’annonçaient les prophètes, celui en qui espérait Israël. Au centre de la Bible, il y a l’Evangile, la proclamation d’une bonne nouvelle, à savoir que le Messie devait souffrir à notre place la condamnation que nous méritons et ressusciter pour manifester qu’il a effectivement vaincu le péché et la mort et que ceux qui croient en lui en sont libérés.

III. Comment les gens réagissent

La première réaction possible au message de l’Evangile, c’est d’y adhérer, d’accueillir cette parole avec empressement, de se laisser bouleverser par le message des Ecritures, et d’y répondre comme on le doit, c’est-à-dire en croyant en Jésus-Christ pour être uni à lui par la foi.

La deuxième réaction possible, c’est l’opposition. Lorsqu’on a réellement compris le message chrétien que Dieu nous sauve sans contribution de notre part, alors soit on accepte ce message avec une joie immense soit on le rejette avec force. Le message chrétien, lorsqu’il est compris, ne peut laisser indifférent. Pourquoi ? Parce qu’il dit précisément que l’homme est incapable par lui-même de faire quoi que ce soit pour se sauver ; qu’il ne peut rien mériter ; que ses plus grands efforts sont non seulement inutiles en ce qui concerne son salut, mais même qu’ils aggravent sa situation devant Dieu. Et un tel message heurte notre sensibilité, notre estime de nous-mêmes, notre orgueil. Nous voulons croire que nous pouvons y arriver par nous-mêmes. Et même lorsque nous savons que nous ne pouvons pas y arriver, nous sommes en colère contre nous-mêmes et contre le monde et contre Dieu, parce que nous croyons que nous méritons d’être meilleurs que ce que nous sommes ! On voit là que même le manque d’estime de soi, l’apitoiement sur soi-même peut être une forme paradoxale d’orgueil. Et le message de l’Evangile nous heurte. Et pour cette raison, il peut nous faire réagir violemment.

Ce texte place devant nous deux manières de réagir au message de l’Evangile. Choisirons-nous l’adhésion joyeuse ou l’opposition délibérée à un tel message ?

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Une stratégie missionaire, deux réactions différentes. Cette prédication a également été enregistrée et est disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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L’oeuvre du vigneron (Jn 15.1-6)

Pierre-Sovann | 26 octobre 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée hier à l’Eglise Protestante Evangélique de Sannois sur le texte de Jean 15.1-6 dans lequel Jésus explique ce que Dieu fait pour que son peuple devienne mature.

I. Le vigneron examine les sarments pour retrancher ceux qui ne portent pas de fruit.

Jésus se compare au cep d’une vigne et ses disciples aux sarments attachés à ce cep. Ce faisant, il reprend une image bien connu de l’Ancien Testament : la vigne représentait Israël, le peuple de Dieu. En réinvestissant cette image, et en disant qu’il est le vrai cep, Jésus se présente comme le véritable Israël – celui qui a véritablement obéi à Dieu et qui a véritablement fait son plaisir – et que le peuple qu’il est en train de se former (l’Eglise) est en pleine continuité avec le peuple de l’Ancien Testament (Israël). La relation qu’on peut avoir avec Jésus dans le cadre de l’Eglise peut être uniquement formelle et superficiel, comme un sarment attaché au cep qui ne porte pas de fruit. Ou alors elle peut être vitale, profonde, comme un sarment attaché au cep et qui porte du fruit. Ce que Jésus signifie en disant que son Père est un vigneron qui retranche les sarments qui ne portent pas de fruit, c’est qu’il est possible d’être quelqu’un de religieux tout en étant pas uni véritablement au Christ par la foi – et la destination d’une telle personne, c’est la perdition. Il nous faut entendre un tel avertissement, et la question qui se pose à chacun est donc la suivante : notre attachement au Christ est-il réel ou n’est-il qu’apparent ? Est-ce que c’est de lui que nous retirons notre vie, ou est-ce d’autres choses ou personnes ?

II. Le vigneron taille les sarments qui portent du fruit pour qu’ils en portent encore plus

Le fait qu’un vigneron doivent tailler les sarments qui portent du fruit pour qu’ils en portent encore plus illustre un principe un peu effrayant : pour progresser, il faut être astreint à une certaine discipline. Ainsi, l’or brut doit être purifié dans la fournaise pour devenir de l’or fin ; l’athlète doit s’entraîner durant des heures pour devenir un champion ; les parents doivent punir leur enfant pour bien l’élever… et Dieu doit nous discipliner pour que nous progressions vers le but qu’il a pour nous (i.e. nous rendre semblable à Jésus). C’est pourquoi Jésus dit que son Père est comme un vigneron qui taille sa vigne. On peut avoir parfois l’impression que Dieu a saccagé notre vie. Mais il n’en est rien. Il sait ce dont nous avons besoin pour devenir conforme à l’image de son Fils Jésus-Christ. Et c’est seulement en nous enlevant ce en quoi nous plaçons indûment nos espoirs que Dieu nous fait progresser.

3 Applications :

(i) Apprendre : La prochaine fois qu’on se demandera pourquoi Dieu nous enlève telle ou telle chose, il faudra apprendre que c’est parce que c’est mieux ainsi. Dieu veut que ce soit de lui seul que nous retirions notre vie, il veut que notre cep, ce soit Jésus, il veut que nous soyons unis à lui, et que ce soit lui la source de nos espoirs, celui qui comble nos aspirations. C’est pourquoi il taille dans le vif, afin de nous enlever ce qui nous tenait en esclavage ou qui aurait pu devenir une idole.

(ii) Lui faire confiance : Dieu sait ce qu’il fait. Mais pour lui faire confiance, nous devons arrêter de nous fier à nos propres intuitions, nous devons nous méfier des sentiments de besoin que nous pouvons ressentir. Dieu nous discipline et nous devons lui faire confiance et admettre qu’il sait mieux que nous-mêmes ce dont nous avons besoin.

(iii) Lui obéir : nous devons demeurer en Christ. Lorsque nous sommes sous l’instrument du vigneron, acceptons qu’il nous travaille : dépendons de Jésus, écoutons ses paroles, contemplons son amour.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : L’oeuvre du vigneron.

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Trois hommes et une bénédiction (3 Jn)

Pierre-Sovann | 3 septembre 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes le 23 août sur le texte de 3 Jean dans lequel l’Apôtre écrit à Gaïus – probablement un dirigeant d’église – pour l’encourager à persévérer dans sa bonne conduite.

I. La bonne spirituelle de Gaïus (v.1-8)

Gaïus était un homme en bonne santé spirituelle. Il se tenait dans la vérité si bien que l’Apôtre Jean pouvait lui souhaiter que sa condition physique soit aussi bonne que sa santé spirituelle. Celle-ci se manifestait de manière concrète : parce que Gaïus croyait au message de l’Evangile, cela changeait toute sa vie. Il ne croyait pas seulement à la vérité (de manière intellectuelle), mais il marchait en elle (de manière très pratique). La vérité de l’Evangile avait changé sa vision du monde, sa manière de penser, de parler et d’agir. Il avait compris ce que Dieu avait fait pour lui dans l’Histoire par Jésus-Christ et cela le changeait complètement. Ainsi, parce qu’il se savait accepté gratuitement par Dieu grâce à Jésus, Gaïus était devenu capable d’exercer l’hospitalité. Car qu’est-ce que l’hospitalité ? C’est le fait de faire de la place pour ceux qui en ont besoin, même si on n’a pas beaucoup de place. Et c’est précisément ce que Dieu a fait avec nous. Il n’y avait pas de place pour nous auprès de lui à cause de notre péché. Mais il a fait ce qu’il fallait pour pouvoir nous accueillir : il a pris sur lui, en Jésus-Christ, les conséquences de notre péché. C’est pourquoi Gaïus doit persévérer dans l’hospitalité, en particulier envers les missionnaires chrétiens qui ont abandonné leur confort de leur patrie pour servir ainsi Jésus-Christ et qui n’ont pas d’autres moyens de vivre que d’être soutenus par des chrétiens, et se faire ainsi partenaire du travail qu’ils accomplissent.

II. Le mauvais exemple de Diotrèphe (v.9-10)

Le portrait de Diotrèphe n’est pas très flatteur. C’est celui d’un homme qui cherche la première place, qui ne se soumet à rien d’autre qu’à ses propres désirs, qui est près à répandre des bavardages malveillants pour consolider son pouvoir et qui exerce son pouvoir d’une manière arbitraire et immoral. Gaïus ne devait pas suivre l’exemple de cet homme.

III. Le bon exemple de Démétrius (v.11-12)

Il y au d’imiter le mal commis par Diotrèphe, Gaïus devait imiter le bien fait par Démétrius. Car c’est à son fruit qu’on reconnait un arbre : le bon arbre porte du bon fruit et le mauvais arbre du mauvais fruit. En imitant le bon exemple Démétrius, Gaïus manifesterait encore plus pleinement sa bonne santé spirituelle. Démétrius était un homme dont tous rendaient un bon témoignage, qui était connu pour son intégrité, qui vivait d’une manière conforme à l’évangile, qui en tirait les implications pour sa vie de tous les jours, qui aimait Dieu avec consécration et qui aimait ses frères et sœurs dans l’église en les servant. Son enseignement était fidèle à la vérité. C’est à ce genre de personne que les dirigeants d’églises, comme Gaïus, doivent ressembler.

IV. La bénédiction dont nous avons tous besoin (v.13-15)

Dans le contexte difficile dans lequel Gaïus évoluait, il avait bien besoin de cette bénédiction : « Que la paix soit avec toi ! ». Et nous en avons bien besoin aussi. Le concept de paix, dans la Bible, est bien plus vaste que l’idée de cessation d’hostilité ou de sérénité intérieure : il s’agit de l’idée que les choses sont telles qu’elles devraient être, en harmonie les unes avec les autres. Gaïus devait être un agent de l’harmonie dans son église. Mais comment pouvait-il l’être ? C’est parce que lui-même avait été réconcilié avec Dieu. Il savait que Jésus, sur la croix, avait perdu l’harmonie éternelle qui existait entre lui et son Père pour que notre relation avec Dieu puisse redevenir harmonieuse. En se rappelant ce que Jésus avait fait pour lui (se sacrifier pour lui obtenir la réconciliation avec Dieu), Gaïus pouvait à son tour commencer à se sacrifier pour être un agent de la réconciliation et de l’harmonie dans son église et dans son monde.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Trois hommes et une bénédiction. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Le jour du Seigneur (Es 2.6-22)

Pierre-Sovann | 13 juillet 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à la Rencontre du Dimanche Soir le dimanche 5 juillet et à l’Eglise des Ternes le dimanche 12 juillet sur le texte de Esaïe 2.6-22 dans lequel le prophète dénonce la corruption morale du peuple et annonce la venue d’un jour de jugement.

I. La corruption morale des jours présents

Alors que le prophète Esaïe vient de décrire un avenir radieux où même les nations païennes viendront adorer le Dieu vivant et vrai et se soumettre à sa Loi, la situation dans le pays de Juda telle qu’il pouvait l’observer contraste fortement avec les perspectives de l’avenir lointain qu’il a tout juste mentionné : au lieu d’attirer les nations païennes par son témoignage à l’adoration du Dieu vivant et vrai, c’est le pays de Juda qui est lui-même rempli de l’influence païenne. Cela se voit à divers niveaux et permet à Dieu de porter plusieurs charges contre son peuple : (i) le peuple a accepté les pratiques superstitieuses des nations qui l’environnent et a ainsi proposé un syncrétisme qui fait horreur au Dieu vivant et vrai ; (ii) le peuple cherche son bonheur dans l’accumulation de richesses plutôt que dans le Seigneur : Dieu critique ainsi son matérialisme ; (iii) le peuple croit que sa puissance militaire est suffisante pour protéger le pays, que son destin militaire est entre ses mains, plaçant ainsi sa confiance dans ses propres forces plutôt que dans le Seigneur : Dieu critique ainsi son orgueil et sa volonté d’indépendance par rapport à son Créateur et Sauveur ; (iv) le peuple s’est forgé des idoles et s’inclinent devant l’œuvre de ses mains !

Une telle corruption morale amène le prophète à annoncer…

II. La venue du jour du jugement

Le prophète demande à Dieu de ne plus tolérer la corruption morale de son peuple mais de venir le juger. Lorsque l’homme vivait en harmonie avec Dieu, la venue du Seigneur était un sujet de joie, un rafraîchissement pour lui. Mais depuis que l’homme a brisé l’harmonie qui existait dans sa relation avec Dieu, la venue du Seigneur est devenu un sujet de terreur. En proclamant donc la venue du Seigneur, c’est donc un jour de frayeur qu’Esaïe annonce : la présence glorieuse du Seigneur est insoutenable pour l’homme pécheur, c’est pour lui un sujet d’épouvante et non de joie et il cherche à s’en cacher. Alors que l’homme déchu cherche à s’élever à la hauteur de Dieu, le jour de la venue du Seigneur les pendules à l’heure seront remises à l’heure : l’homme et son orgueil seront abaissés, le Seigneur seul sera élevé en ce jour.

Pour nous, cela veut dire qu’il faut changer notre conception du monde : au lieu de vivre en étant centrés sur nous-mêmes, en faisant de l’homme la mesure de toute chose, nous devons considérer l’Histoire et mener notre vie à la lumière de ce jour de la venue du Seigneur. Nous devons cesser de mettre notre confiance en nous-mêmes et nous devons au contraire la placer en Dieu seul. L’apport du Nouveau Testament sur cette question de la présence effrayante de Dieu pour les hommes pécheurs que nous sommes, c’est que la colère que nous avons méritée à cause de notre corruption morale est tombée sur un autre : Jésus-Christ a accepté de subir la colère de Dieu à notre place pour que la présence de Dieu puisse à nouveau devenir pour nous un sujet de joie et non de frayeur. C’est cet événement de la mort, de la résurrection et de l’exaltation de Jésus-Christ qui permet à des hommes et des femmes de toutes les nations de venir adorer le Dieu vivant et vrai sans plus avoir à craindre sa juste colère.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le jour du Seigneur. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Comment cela peut-il se faire ? (Jn 3.9-16)

Pierre-Sovann | 4 mai 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes et à la Rencontre du Dimanche Soir le dimanche 19 avril 2009. Le texte de Jean 3.9-16 sur lequel je prêchais commence en plein milieu d’une discussion entre Jésus et un chef des Juifs nommé Nicodème. Jésus vient de lui parler de la nécessité d’une nouvelle naissance. Cela étonne grandement Nicodème qui demande : « comment cela peut-il se faire ? ». Jésus réagit :

I. Nicodème devrait savoir

La première réaction de Jésus à la question de Nicodème c’est de s’étonner de son ignorance. Nicodème devrait savoir parce que l’enseignement de Jésus n’est pas nouveau mais qu’il se trouvait déjà dans certains passages de l’Ancien Testament où Dieu promettait de purifier le cœur des hommes comme avec de l’eau – en le purifiant tellement qu’on peut même parler d’un nouveau cœur – et que cette transformation radicale s’opérerait en plaçant en nous un esprit nouveau : l’Esprit même de Dieu. Et cela, c’est exactement l’enseignement de Jésus. Nicodème aurait dû savoir.

II. Nicodème devrait recevoir

Nicodème devrait recevoir le témoignage de ce que Jésus a vu. Jésus s’exprime ici de manière collective : « nous disons ce que nous savons et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage« . Le « nous » avec lequel il s’exprime, c’est le groupe formé par le Saint-Esprit qu’il enverra plus tard et par Jésus lui-même qui est le Fils de Dieu qui est descendu du ciel. Nicodème devrait recevoir le témoignage de Jésus. Et nous aussi nous devrions recevoir le témoignage de Jésus tel que nous le trouvons dans la Bible, et nous devrions recevoir le témoignage de l’Esprit qui nous certifie que ce que nous trouvons dans la Bible est vrai. Mais ce que dit notre passage, ainsi que le reste de l’Ecriture, c’est que ne nous recevons ni le témoignage de Jésus ni celui de l’Esprit à moins de connaître une nouvelle naissance par l’Esprit de Dieu.

III. Nicodème devrait croire

Dans la fin du passage, l’accent tombe sur le fait que « ceux qui croient ont la vie éternelle« . C’est pourquoi Nicodème devrait croire, afin d’avoir la vie éternelle, c’est-à-dire pour pouvoir entrer dans le royaume de Dieu. C’est par le moyen de la foi qu’on entre dans le royaume de Dieu. Mais la foi, c’est quoi ?

Jésus nous en donne un indice lorsqu’il fait allusion dans notre passage à un autre texte de l’Ancien Testament, à un épisode de la vie du peuple d’Israël au temps de Moïse alors qu’ils traversaient le désert. A cette époque, le peuple s’impatienta en route et parla contre Dieu. Alors l’Eternel envoya des serpents venimeux contre le peuple. Ils mordirent le peuple et beaucoup d’Israélites moururent. Le peuple, reconnaissant qu’il avait péché contre Dieu, vint trouver Moïse, pour lui demander de prier en sa faveur. Moïse pria pour le peuple, et l’Eternel lui dit de faire un serpent en bronze et de le placer sur une perche. Et voici la promesse qu’il fit : « Toute personne mordue qui le regardera aura la vie sauve« .

Pourquoi Jésus fait allusion à cet épisode ? C’est parce qu’il y a là une illustration de la manière d’être sauvé. Comme les Israélites, nous avons péché, nous nous sommes rebellés contre Dieu, nous murmurons contre lui. Et comme les Israélites, nous recevons de Dieu le châtiment pour le péché qui est la condamnation à mort. Comme les Israélites nous avons mordu par un serpent venimeux qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver nous-mêmes. Et comme les Israélites, cela nous conduit à la ruine – une ruine éternelle puisque notre rébellion nous ferme la porte au royaume des cieux. Mais Jésus explique que « tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l’homme soit élevé« .

Le Fils de l’homme, c’est le titre énigmatique que se donne Jésus. Il dit donc ici qu’il est venu dans notre monde pour être élevé sur une perche (sur une croix) pour porter la condamnation de notre rébellion. Jésus ne s’est jamais rebellé contre Dieu, il a vécu la vie que nous devrions tous vivre. Mais sur sa croix – sa perche – il a souffert à notre place, la mort que nous devrions tous souffrir.

Voici donc ce que c’est que croire : c’est regarder à Jésus. Croire en Jésus, c’est regarder à lui comme le véritable serpent de bronze, celui qui subit notre condamnation à notre place. C’est admettre que nous avons péché ; que nous sommes rebelles ; que nous sommes condamnés et que nous ne pouvons nous guérir nous-mêmes ; que le salut est en-dehors de nous ; que nous avons besoin d’un représentant et d’un substitut qui prennent notre condamnation à notre place. Et c’est de cette manière seulement que nous pourrons voir le royaume des cieux.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Comment cela peut-il se faire. Cette prédication a également été enregistrée et est disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Pierre-Sovann | 1 novembre 2008

Bonjour à tous !

Je m’appelle Pierre-Sovann CHAUNY, je suis né en 1983 et je me suis marié en 2007. Depuis le 1er novembre 2008, je suis apprenti-pasteur à l‘Eglise Protestante Evangélique des Ternes, dans le 17ème arrondissement de Paris. J’ai précédemment administré un blog réformé évangélique avec des articles parfois très longs (et trop longs) qui s’appelait Réflexions Chaunypsiennes et dont les archives ont été relocalisées sur http://chaunyps.wordpress.com. N’ayant plus le temps de le tenir à jour, j’ai décidé d’utiliser différemment le nom de domaine chaunyps.fr (qui correspond à mon nom de famille suivi des initiales de mon prénom) : je vais y mettre de temps en temps des ressources que j’aurai produites dans le cadre de mon nouveau travail. Le but avoué de cette entreprise est de répondre à la fameuse question : « mais au fait, un pasteur, ça fait quoi ?« . Mes anciens collègues de bureau, mes amis, les membres de ma famille sont susceptibles de se poser cette question, et c’est d’abord pour les aider à se faire une idée de ce que je fais que je veux tenir à jour ce blog…

Alors, contrairement à ce qu’on pense parfois, le métier de pasteur n’est pas un métier de tous repos où l’on est « pendant 6 jours invisible, et le dernier jour incompréhensible »… C’est en tout cas ce que je vais essayer de démontrer !

Je suis donc apprenti-pasteur à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes. Notre communauté a commencé à se réunir au 8 bis rue des Ternes dans le 17ème arrondissement de Paris depuis octobre 2007. Notre église est une « implantation », c’est-à-dire que nous avons été envoyés par une autre église (notre « église mère« ) pour former une nouvelle communauté dans ce quartier de Paris où la présence protestante évangélique n’est pas très marquée (c’est le moins qu’on puisse dire)… L’implantation de nouvelles églises dans Paris est aujourd’hui une des choses les plus stratégiques que les évangéliques français peuvent faire aujourd’hui. Nous devons implanter encore et toujours plus d’églises pour être fidèles à la Bible, pour atteindre de nouvelles personnes et pour renouveler les communautés existantes. Et nous devons le faire à Paris, parce que c’est la plus grande ville du pays, la plus influente et celle où le plus de monde passe dans ce pays. Mais j’aurai peut-être l’occasion de vous expliquer mieux ma vision des choses une autre fois parce que je suis désormais un apprenti-pasteur à Paris…

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