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Après être revenu de Judée en Galilée (Jn 4.43-54)

Pierre-Sovann | 3 mai 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée lors du culte du 24 avril 2010 à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes à partir du texte de Jean 4.43-54 :

I. Une nouvelle étape (v.43-45)

Après avoir commencé à faire des signes miraculeux en Judée, la popularité de Jésus grandit. Des personnes viennent à lui, mais pas toujours pour de bonnes raisons. Une certaine ambiguïté dans leur relation à Jésus demeure. Alors Jésus veut lancer une nouvelle étape de son ministère. Il veut faire le tri entre ceux qui le suivent parce qu’ils sont attachés réellement à son message et à sa personne et ceux qui le suivent avec un attachement superficiel parce qu’ils espèrent obtenir de bonnes choses de lui. Jésus rentre en Galilée pour commencer cette nouvelle étape. Et c’est dans ce cadre-là qu’après le premier signe miraculeux de l’eau changée en vin, il opère le second signe que l’évangéliste Jean choisit de nous rapporter.

II. Un second signe (v.46-54)

Ce second signe ressemble beaucoup au premier signe dans la manière dont il est raconté. Et ce second signe, tout comme le premier, a été fait par Jésus a Cana de Galilée. Cela semble indiquer une inclusion littéraire, c’est-à-dire la délimitation d’une section et qui commence ou termine par deux épisodes ou deux phrases parallèles. Dans cette section (Jn 2.1-4.54) Jésus a fait ses premiers signes miraculeux, s’est attiré ses premiers disciples, mais leur foi en lui est encore ambigüe. Mais avec ce second signe, il commence à faire le tri, tri qui culminera à la fin de son ministère en Galilée (Jn 6.66).

En effet, dans cet épisode, un homme désespéré vient à Jésus. Il a fait à peu près 30 km à pied parce qu’il a entendu que ce Jésus qui avait si bonne réputation était revenu en Galilée. Il arrive à Cana où Jésus réside. Il demande autour de lui d’une manière pressante où est ce Jésus. Une foule de badaud se forme alors certainement autour de lui pour voir ce que Jésus fera lorsque cet homme l’aura trouvé. Et quand il trouve enfin Jésus, il lui demande de venir avec lui pour guérir son fils. Mais Jésus répond sèchement : « si vous ne voyez pas de miracles, vous ne croirez donc pas ? » Les foules en quête de sensationnel sont assez reprises. Mais l’homme ne se décourage pas et réitère sa demande. Jésus lui dit alors qu’il peut rentrer chez lui, car son fils vit. La foule se disperse, supposant sans doute que Jésus se débarasse de ce pauvre père à bon compte. Mais le père, lui, croit à la parole de Jésus. Il rentre chez lui. Et alors qu’il est sur sa route, des serviteurs viennent à sa rencontre et lui annoncent que la fièvre a quitté son fils et que celui-ci vit. L’homme demande quand cela a eu lieu.  Quand ? Au moment même où Jésus lui a dit que son fils vivait. Alors il croit, lui et toute sa famille.

L’évangile, c’est la proclamation que Jésus est le roi envoyé par Dieu pour gouverner notre monde et qu’en conséquence nous devons lui soumettre nos vies. En guérissant le fils de cet homme à distance, il a manifesté sa gloire, son autorité de roi envoyé par Dieu. Comment réagissons-nous face à un tel récit ? Le recevons-nous aveec incrédulité, en essayant de trouver des explications qui nous soustraieraient au devoir de nous soumettre à lui ? Ou devenons-nous des disciples qui nous attachons à sa personne parce que nous voyons à travers ce récit sa gloire ? C’est à ce genre de question que ce récit, comme tout l’évangile de Jean d’ailleurs, nous amène…

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Après être revenu de Judée en Galilée.

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Mais à tous ceux qui l’ont reçue… (Jn 1.5-15)

Pierre-Sovann | 24 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée lors du culte du 22 avril 2010 de la Faculté Libre de Théologie Evangélique à partir du texte de Jean 1.5-15 qui nous parle de l’oeuvre de séparation qu’opère la deuxième personne de la Trinité en venant dans le monde :

I. La séparation de l’humanité qu’opère la Parole en venant dans le monde

  1. La réaction prévisible de l’humanité déchue à la venue de la deuxième personne de la Trinité dans le monde, c’est le rejet ! La deuxième personne de la Trinité est Le logos divin (ou la Parole de Dieu ou la raison du monde)  en qui l’univers entier subsiste. C’est lui qui tient ensemble les atomes de notre corps, qui tient ensemble notre corps et notre âme, qui assure la permanence des lois physiques. S’il cessait un instant d’assurer ces fonctions cosmiques, l’univers se désagrègerait, et nous avec lui. Mais quelle est la réaction de notre humanité déchue à la venue du logos dans le monde ? Le rejet ! Parce que nous sommes ténèbres, nous fuyons la lumière autant que nous le pouvons.
  2. La réaction surprenante de certains à la venue de la deuxième personne de la Trinité, c’est qu’alors même qu’ils étaient dans les ténèbres comme le reste de l’humanité, ils l’ont néanmoins, et contre toute attente, accueilli ! Que s’est-il passé ? Se sont-ils eux-mêmes disposé à recevoir Sa lumière ? Non, mais c’est Dieu lui-même qui a œuvré en eux pour modifier leur orientation, produisant en eux un changement si radical que la seule métaphore appropriée pour en parler, c’est celle d’une nouvelle naissance, d’une naissance spirituelle. Et comment Dieu nous dispose-t-il à recevoir cette lumière ? Il ne se contente pas de repasser sans cesse sous nos yeux les fonctions cosmiques du logos. Mais il fait ce que jusqu’alors aucun oeil
    n’avait vu, ce qu’aucune oreille n’avait entendu, et ce qui n’était pas venu au cœur de l’homme : « La Parole est devenue chair ; elle a fait sa demeure parmi nous« .

Ainsi, par la venue de la deuxième personne dans notre monde, s’opère une séparation de l’humanité en deux branches distinctes : ceux qui continuent de rejeter sa lumière et ceux qui contemplent sa gloire. L’Evangile, c’est l’annonce de la venue du logos divin dans le monde en la personne de Jésus-Christ. Comment nous positionnerons-nous face à elle ? Il faut choisir…

II. La nature et l’importance de la mission de Jean-Baptiste

Pourquoi mentionner Jean le Baptiseur dans un texte d’une telle teneur théologique ? C’est parce que Jean l’évangéliste a écrit son Evangile dans un but précis : « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, par cette foi, vous ayez la vie en son nom. » Et comment espère-t-il atteindre son    but ? En présentant la vie de Jésus comme une sorte de grand procès. Et pour cela, Jean l’évangéliste cite à comparaître un grand nombre de témoins. Et qui est le premier d’entre eux ? C’est Jean le baptiseur, qui n’est d’ailleurs pas présenté ici comme un baptiseur, mais comme un témoin.  Mais que ferons-nous de son témoignage, et de celui de la Bible tout entière ? C’est cette question que l’Evangile nous adresse et à laquelle il est vital que nous répondions pour nous-mêmes…

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Mais à tous ceux qui l’ont reçue…

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Injures, moqueries, insultes (Mt 27.39-44)

Pierre-Sovann | 21 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 28 mars 2010 à partir du texte de Matthieu 27.39-44 qui décrit l’attitude des personnes qui entouraient Jésus lors de sa crucifixion.

I. Les injures des passants

L’évangéliste Matthieu décrit les insultes que les passants lancent à Jésus d’une manière bien spécifique : en faisant écho au psaume 22, psaume exprimait la souffrance d’un juste persécuté injustement. Le but de Matthieu est donc clair : il veut dépeindre Jésus sous cette figure du juste persécuté. Et à juste titre : Jésus est celui qui est suprêmement juste et qui, sur la croix, subit la persécution la plus suprêmement injuste. Et comment les passants l’injurient-ils ? En reprenant à leur compte les paroles du tentateur : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix » Les voix sont celles des passants, mais les paroles sont celles du diable. Sur la Croix, Jésus doit faire face à la plus grande tentation de sa vie : celle de céder à la facilité, d’utiliser la puissance de sa divinité pour ne pas passer par le chemin de la souffrance, celle de se décrocher de la croix pour mettre fin à la plus grande épreuve qu’il a jamais traversé.

II. Les moqueries des grands-prêtres, des scribes et des anciens

Les chefs religieux se moquent, ironisent. Ils rappellent à haute voix que Jésus a fait de nombreux miracles pour sauver les autres… Mais alors, pourquoi ne peut-il pas se sauver lui-même et se décrocher de la croix ? La réponse est certaine pour eux : c’est parce que Jésus est un imposteur. Ses miracles n’étaient pas accomplis dans la puissance de Dieu, mais dans celle du démon. La preuve ? Il est pendu au bois de la croix, maudit par Dieu, sans pouvoir se décrocher. Par leurs bouches, Jésus s’entend dire qu’il n’était pas le Fils de Dieu, que Dieu ne l’aimait pas, que son propre Père lui était hostile.

III. Les insultes des brigands crucifiés avec lui

On pourrait s’attendre à ce que des criminels qui subissent le même sort que Jésus ait un peu de sympathie pour lui alors qu’il est innocent. Mais non. Et cela montre bien que Jésus est le juste persécuté par excellence que préfigurait le psaume 22.

Conclusion : le juste persécuté (Jésus) est persécuté injustement par des injustes (les passants, les chefs religieux, les brigands) pour que des injustes (nous) ne soient plus persécutés justement par le Dieu juste. Car sur la croix, Jésus prend notre place, afin de nous délivrer du jugement de Dieu. Tel est le message libérateur de l’Evangile.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Injures, moqueries, insultes.

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C’est la fête ! (Lc 15.1-2, 11-32)

Pierre-Sovann | 16 avril 2010

Mon beau-frère s’est marié le 27 février 2010 avec celle qui est devenu la belle-soeur de mon épouse (donc ma belle-soeur par alliance, ou bien ?). Et à cette occasion un peu spéciale, ils ont fait une demande un peu spéciale : avoir une prédication à deux voix (c’est-à-dire avec deux prédicateurs) sur le thème de la fête lors de la cérémonie religieuse de bénédiction, qui a eu lieu à l’Eglise Evangélique Libre de Meulan. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé embarqué dans cette aventure avec Yohann Tourne. Une fois le texte de l’intervention choisi avec les mariés, nous avons opté pour un mode de présentation inhabituelle du texte : celui de l’entretien. En voici le compte-rendu :

I. Entretien avec le fils cadet

Le fils cadet m’a fait une grosse impression. Il s’est entretenu avec moi de sa rébellion initiale contre son père, de sa vie dans l’insouciance, puis de sa prise de conscience, du changement d’attitude envers son père qui s’est opéré en lui et de son retour à la maison. Il a proclamé haut et fort sa reconnaissance envers son père qui l’a pleinement restauré en tant que son fils, alors même qu’il en était parfaitement indigne.

II. Premier entretien avec le père, à propos de son fils cadet

Le père m’a ensuite confié qu’il avait été jugé par les autres pères du voisinage parce qu’il n’avait pas agi du tout comme on pouvait s’y attendre. Certains l’ont accusé de ce comporter plus comme une mère que comme un père… Mais c’était, selon lui, la seule attitude qu’il pouvait avoir envers son fils. Ca signifiait pour lui de sacrifier ses biens et de s’humilier, mais il était prêt à le faire !

III. Entretien avec le fils aîné

Le fils aîné m’a rapporté combien il était furieux que son père accepte son frère sans exiger de lui de restitution. Il a admis qu’il avait refuser d’entrer dans la fête préparé par son père en l’honneur de son frère, mais il a maintenu qu’il était dans son bon droit. Pour lui, son père ne sait pas ce qu’il fait : il dilapide les biens de la famille pour un chenapan.

IV. Deuxième entretien avec le père, à propos du fils aîné

Le père a évoqué ensuite avec dignité la tristesse que provoquait en lui le refus de son fils aîné d’entrer dans la fête. Il a fait le rapprochement avec l’attitude initiale de son autre fils qui avait manifesté alors qu’il n’aimait pas la présence du père, mais seulement ses biens. Il a constaté que son fils était furieux à cause de son sentiment qu’il méritait quelque chose.

Ces entretiens ont été très utiles, je le crois, pour mieux saisir qui est Dieu (que Jésus dépend dans cette parabole sous les traits du père), comment nous nous perdons en nous séparant de la présence du perd (soit comme le fils cadet, soit comme le fils aîné) et comment nous pouvons être sauvé (en revenant vers le père et en voyant en Jésus le véritable frère aîné qui, lui, accepte que nous rentrions à la maison à ses dépends).

Le texte complet de l’intervention est disponible en pdf : C’est la fête.

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Car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte

Pierre-Sovann | 9 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 14 février 2010 sur le texte d’Exode 11.1-13.16 dans lequel est relaté la libération qu’a connu le peuple d’Israël à ce moment là et institué un mémorial, celui de la Pâque et de la fête des pains sans levain :

I. Le mémorial : que commémore-t-il ?

Le texte le dit très clairement : « Vous observerez la fête des Pains sans levain, car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte ; vous observerez ce jour comme une prescription perpétuelle, pour toutes vos générations ». Ce qui est commémoré par ce mémorial, c’est la sortie d’Egypte, la libération du peuple de la servitude dans laquelle ils étaient. Ce qui est commémoré, c’est un nouveau départ, une nouvelle vie qui a commencé soudainement. Ce qui est commémoré, c’est le fait que Dieu a manifesté sa puissance qu’il a montré qu’il était le SEIGNEUR, que c’est lui qui délivre son peuple.

II. Le mémorial : qui peut y participer ?

Puisque le mémorial sert à se souvenir de la délivrance que Dieu a accordé à son peuple, il est normal que ceux qui y participent soient ceux qui font partie de ce peuple. Cela ne veut pourtant pas dire que des personnes d’une autre ascendance qu’Israélites ne pouvait y participer : ceux qui recevaient le signe de la circoncision, le signe de l’alliance établie entre Dieu et Abraham, et croyaient au Dieu d’Abraham intégraient du même coup le peuple, et pouvait donc aussi se souvenir de la délivrance d’Egypte que Dieu leur avait accordée

III. Le mémorial : que signifie-t-il ?

Pharaon avait fini par céder devant l’horreur du châtiment qui avait été infligé à son peuple pour avoir résisté au SEIGNEUR : les premiers-nés d’Egypte avaient péri en une nuit. Il ne faut pas minimiser l’horreur d’une telle situation. Mais si on réfléchit à la sainteté de Dieu et à la rébellion de l’homme contre son créateur, ce qui est étonnant, ce n’est pas tant que Dieu est mis à mort les premiers-nés d’Egypte, mais qu’il est laissé survivre tous les autres, Egyptiens et Israélites. Par notre rébellion à Dieu, nous méritons tous le châtiment qu’ont connu les premiers-nés d’Egypte. Nous ne sommes pas meilleurs qu’eux. C’est pourquoi le mémorial de la Pâque contient un rite de substitution : un agneau doit être immolé à notre place, parce que nous ne méritons pas de vivre.

Ce mémorial de l’ancien Israël dirige nos regards vers le fait que Dieu est un Dieu de délivrance. Il est non seulement le Dieu qui a délivré le peuple d’Israël de la servitude en Egypte, il est aussi celui qui libère de la culpabilité et de la condamnation du péché tous ceux qui placent leur confiance en son fils Jésus-Christ. Car Christ est notre Pâque, celui qui s’est substitué véritablement à nous, vivant la vie que nous devrions tous vivre, souffrant la mort que nous devrions tous souffrir. Telle est la bonne nouvelle de l’Evangile : nous sommes épargnés de la colère de Dieu que nous méritons personnellement parce que Jésus-Christ l’a prise sur lui à notre place.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte.

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Louange & sainteté

Pierre-Sovann | 31 mars 2010

Voici un résumé de l’exposé que j’ai donné le samedi 21 novembre 2009 à pour une formation sur la louange proposée par le département louange de l’Action de la Jeunesse Evangélique HMong. Après avoir brièvement défini la louange et la sainteté, j’ai proposé un parcours biblique sur le thème du rapport entre louange et sainteté dans l’ordre suivant :

I. Louange et sainteté dans l’Apocalypse

Le livre de l’Apocalypse débute avec l’affirmation que l’Eglise est un royaume de prêtres appelés à être saints pour adorer Dieu. Dans ses visions, l’Apôtre Jean voit à plusieurs reprise des personnages louer Dieu à cause de sa sainteté. En examinant ce qu’ils ont à dire, on se rend compte que louer Dieu, c’est lui donner gloire, honneur et reconnaissance. Et qu’il est digne de notre louange à cause de sa sainteté, parce que la sainteté de Dieu, c’est ce qui fait de lui un être suprême, transcendant, élevé, différent des créatures.

II. Louange et sainteté dans l’Exode

L’Exode est l’événement fondateur de l’histoire du peuple d’Israël en tant que peuple. C’est le moment où dieu s’est fait connaître au peuple comme libérateur et où il lui a donné une mission : celle d’être un royaume de prêtres qui déclarerait ses louanges parmi les nations et une nation sainte qui démontrerait ce qu’implique de vivre en alliance avec le Dieu incomparable. Mais dans sa rencontre avec le Dieu saint, le peuple se rend bien compte de son indignité, et de ce qu’il y a d’effrayant de s’approcher d’un Dieu si différent. Le péché du peuple l’éloigne de Dieu : sa relation avec Dieu doit passer par des intermédiaires (personnes ou institutions) pour qu’elle soit supportable. Lorsqu’on n’est soi-même pas saint, c’est-à-dire séparé du péché, on ne peut pas prétendre à une relation avec le Dieu saint.

III. Louange et sainteté en Esaïe 6

L’expérience qu’a faite Esaïe lorsque Dieu l’a appelé à devenir prophète nous montre comment un homme impur, un peuple impur peuvent tout de même louer le Dieu saint. Il faut pour cela faire l’expérience de la gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’au plus profond de notre existence nous nous rendions compte que Dieu est plus important que nous. Pour cela, il nous faut faire l’expérience (i) d’une beauté radicale, effrayante en fait, celle de Dieu ; (ii) d’une humilité radicale, par laquelle nous reconnaissons notre indignité totale devant lui ; et (iii) d’une purification radicale, que Dieu nous donne et qui nous confère un nouveau statut devant lui.

IV. Louange et sainteté dans le Nouveau Testament

Bien que la sainteté soit un pré-requis pour louer Dieu, Dieu dans sa grâce, par Jésus-Christ, nous permet d’entrer dans sa présence même si nous ne sommes pas personnellement saints. Il nous voit cependant comme saints, parce qu’il nous considère en son Fils auquel nous sommes unis par la foi. Et c’est donc en réponse à la faveur de Dieu, et non pour l’obtenir, que nous allons devenir saints pour Dieu. C’est donc par reconnaissance et non par devoir seulement que nous allons nous consacrer à lui et c’est dans cette optique qu’il faut lire les injonctions à la sainteté dans le Nouveau Testament. C’est ainsi que nous louerons Dieu avec toute notre vie, manifestant ainsi notre reconnaissance envers celui qui nous a sauvés.

Le texte complet de l’intervention est disponible en pdf : Louange & sainteté.

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Le paradoxe de l’homme (Mt 7.9-11)

Pierre-Sovann | 22 mars 2010

Voici un résumé de l’intervention que j’ai donné le vendredi 20 novembre 2009 lors de la soirée Jazz organisée par les GBU de Paris au temple de Luxembourg.

Dans le texte de Matthieu 7.9-11, Jésus nous montre que la complexité des hommes :

  1. Ils sont capables de faire des choses qui sont bonnes en elles-mêmes.
  2. Cela ne veut cependant pas dire que l’homme est bon par nature. En fait le verdict de Jésus est sans appel, puisqu’il s’adresse ainsi à ses propres disciples : « tout mauvais que vous êtes… » !

Une telle affirmation de Jésus est lourde de conséquences. Car si, d’une part, cela signifie qu’il ne faut pas noircir le tableau en ce qui concerne ce que l’homme est capable de faire (il est bien capable de faire de bonnes choses), d’autre part, il faut comprendre dans quelle situation nous place un tel verdict de Jésus sur la nature déchue de l’homme. Pour Jésus, il faut une justice parfaite pour entrer dans le royaume des cieux. Mais si nous sommes mauvais, nous ne pouvons pas prétendre posséder une telle justice. Et si nous ne pouvons entrer dans le royaume des cieux, que nous reste-t-il ? Jésus est très clair là-dessus : nous sommes bons pour l’enfer !

Cette pensée nous paraît scandaleuse et rétrograde, mais c’est bien ce que dit Jésus. Et si on y réfléchit un peu, on peut percevoir qu’il s’agit là d’une fin en somme assez logique. Dieu est un être d’une valeur infinie à qui nous devons tout parce qu’il est notre créateur ; mais nous, nous décidons de vivre sans lui pour n’en faire qu’à notre tête, commettant ainsi une faute d’une gravité infinie, parce qu’il est une personne d’une importance infinie. Pour cette raison, nous méritons à juste titre un châtiment infini. Et comme nous sommes des êtres finis, la seule manière de portée un châtiment infini, c’est de le subir éternellement !

Alors, comment échapper à une fin si logique mais si terrible ? Jésus nous le dit : c’est en demandant à Dieu de nous préserver de sa propre colère. Comment ? En nous appuyant sur l’oeuvre de Jésus à notre place qui a pris sur lui le châtiment de tous ceux qui placeraient leur confiance en lui. C’est cela l’Evangile, la bonne nouvelle d’un salut gratuit.

C’est ainsi que l’homme pourra non seulement produire de temps en temps quelques bonnes actions, mais il pourra alors aussi commencer à faire ce pourquoi il a été créé : rendre gloire à son créateur.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le paradoxe de l’homme

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Le message de l’évangile : Proclamation, application & réactions (Ac 13.13-52)

Pierre-Sovann | 22 septembre 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes et à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique Baptiste de Paris-Centre, le 13 septembre sur le texte d’Actes 13.13-52 dans lequel Luc relate la prédication de Paul dans la synagogue d’Antioche de Pisidie. Dans ce texte, il nous montre comment Paul annonçait le message de l’Evangile à des personnes qui connaissaient déjà la Bible, ce qu’il attendait d’eux et quelles furent les réactions à ce message.

I. La proclamation du message de l’Evangile

Lorsque Paul s’adresse à des personnes qui connaissaient la Bible, il utilisait la Bible pour leur parler de Jésus. Deux accents principaux se dégagent de sa prédication : (i) Jésus est l’apogée de l’Histoire Biblique, c’est vers lui que tout concourt, c’est lui qui a accompli les promesses que Dieu avait fait pour son peuple, c’est lui le Messie promis, c’est lui que préfigurait les héros de l’Ancien Testament ; (ii) Ce que Jésus a accompli en notre faveur a de la valeur parce qu’il est intervenu dans l’Histoire : sa vie, sa mort, sa résurrection sont des faits historiques qui changent tout. Il a vécu la vie d’obéissance parfaite que nous devrions tous vivre. Il a souffert la mort que nous méritons tous en tant que rebelles à Dieu. Et il est ressuscité pour montrer que sa mort en notre faveur était approuvée par Dieu et qu’il avait vaincu la puissance du péché et donc de la mort. L’Evangile, le message central de la Bible, c’est cela : Dieu est intervenu en notre faveur par Jésus-Christ pour nous délivrer de la condamnation que nous avons bien mérité.

II. L’application du message de l’Evangile

Cette proclamation joyeuse de ce que Dieu a fait dans l’Histoire par Jésus-Christ en notre faveur, nous devons l’appliquer à notre propre vie. La conséquence de ce que Jésus a fait pour nous est incroyable : ce que la Loi de Dieu ne pouvait pas faire, Jésus lui l’a fait. La Loi de Dieu nous indiquait comment nous devrions vivre et prononçait le verdict de mort sur les transgresseurs de la Loi. Elle nous disait comment être juste devant Dieu pour être accepté par lui, mais elle ne nous en donnait pas la capacité. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était nous montrer combien nous étions coupables. Mais ceux qui mettent leur confiance en Jésus doivent savoir qu’ils sont maintenant acceptés par Dieu : non en vertu d’une justice qui leur serait propre, mais en vertu de celle d’un autre (Jésus) qui a parfaitement accompli la Loi et qui est mise à leur compte. C’est là la conséquence existentielle de ce que Dieu a fait pour nous dans l’Histoire par Jésus-Christ : ceux qui mettent en lui leur confiance pour leur salut sont pardonnés de toutes leurs fautes.

III. Les réactions au message de l’Evangile

Il y a toujours deux réactions au message de l’Evangile. Il y a ceux qui s’y intéressent et qui s’attachent à la grâce manifestée en Jésus-Christ. Et puis il y a ceux qui se moquent, qui s’opposent à ce message, et qui peuvent même fournir de grands efforts pour empêcher la propagation d’un tel message. La vérité, c’est que nous sommes par nature opposée à l’Evangile. Ce message heurte trop notre sensibilité, notre fierté, car il nous dit que nous ne pouvons aucunement contribuer à notre salut. C’est pourquoi, il faut qu’il nous soit donné de le croire, il faut que Dieu opère en nous un miracle pour que nous acceptions un message aussi humiliant pour notre orgueil. Mais ceux à qui une telle compréhension est donnée commencent bientôt à voir combien leur vision du monde changent : ils sont de moins en moins centrés sur eux-mêmes. Leur objectif dans la vie, c’est la gloire du Christ. Ils ont trouvé le sens de la vie. Et ils peuvent être désormais heureux même dans les circonstances les plus difficiles et être ainsi « remplis de joie et de Saint-Esprit ». C’est là ce dont nous avons tous besoin…

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le message de l’Evangile : proclamation, application et réactions. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Le baptême, signe et sceau de la justice (Rm 4.1-11)

Pierre-Sovann | 27 avril 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le dimanche 12avril à l’Eglise Protestante Evangélique de Sannois à l’occasion du baptême de deux amis de mon ancien groupe de jeunes et de celui de ma petite sœur. Dans le texte de Romains 4.1-11, l’apôtre Paul présente la circoncision comme le signe et le sceau de la justice qui vient par la foi. Comme le baptême est la nouvelle circoncision, j’ai voulu parlé du baptême comme d’un signe et d’un sceau de la justice qui vient par la foi.

I. Le baptême est un signe

Le symbolisme du baptême est principalement celui d’une purification. C’est pour ça qu’on utilise de l’eau. Le baptême, c’est un peu le signe de ce qu’on fait lorsqu’on prend un bain ou lorsqu’on prend une douche.

La souillure dont parle la Bible n’est pas une crasse physique mais un état moral. C’est spirituellement que nous avons besoin d’être purifiés de ce que la Bible appelle le péché. Le péché, c’est avant toute autre chose une attitude d’hostilité envers Dieu et une volonté d’être notre propre maître de sorte que nous refusons de mettre en pratique la Loi de Dieu, ce qu’il exige de nous. Et de toute manière, ce que Dieu exige de nous, c’est la perfection, et tout le temps. Nous devons nous abstenir de tout mal, et pire : nous devons faire tout le bien que nous avons l’occasion de faire. Si nous ne sommes pas parfaits tout le temps, alors aux yeux de Dieu nous sommes moralement impurs de sorte que Dieu ne peut nous accepter en sa présence, et que tout ce que nous méritons, c’est sa colère.

Alors comment être purifiés ?

Ce n’est pas par nos propres efforts. L’exemple d’Abraham suffit à le montrer. Abraham n’était pas parfait, mais c’était globalement quelqu’un de très bien. C’est un des héros de la foi. Mais la Bible nous enseigne que même dans le cas d’un homme comme Abraham, on ne peut être purifié par ses œuvres, par ses propres forces. On ne peut aucunement contribuer à sa propre purification.

Alors comment être purifiés ?

Non pas en travaillant pour mériter notre purification – car c’est impossible – mais en recevant cette purification comme un don. La purification que symbolise le baptême, c’est la purification par une justice qui n’est pas la nôtre mais qui est mise à notre crédit. Cette justice, c’est la justice de Jésus-Christ. Comment cette justice est-elle mise à notre compte ? C’est par le moyen de la foi, c’est-à-dire en croyant que Jésus a vécu à notre place la vie d’obéissance que nous devrions tous vivre et qu’il a souffert à notre place la mort que nous devrions tous souffrir en tant que transgresseurs de la Loi de Dieu.

Le baptême est donc un signe qui nous confirme que tout notre salut repose sur le sacrifice unique du Christ offert pour nous sur la Croix ; et qui nous rappelle et nous assure que l’unique sacrifice de Christ sur la croix est pour notre bien selon la promesse de Dieu que ceux qui mettent leur confiance en Jésus sont lavés de l’impureté de leur âme, c’est-à-dire de tous leurs péchés, aussi certainement que l’eau lave extérieurement de la saleté du corps ; et qui proclame que ceux qui croient dans le sacrifice de Jésus reçoivent de la grâce de Dieu le pardon des péchés à cause du sang du Christ versé pour nous lors de son sacrifice sur la croix.

II. Le baptême est un sceau.

Le baptême ne sert pas seulement à signifier le pardon des péchés, il sert aussi à sceller en ceux qui croient l’assurance de la véracité des promesses de Dieu. Le signe du baptême sert à confirmer les promesses de Dieu et à être assuré qu’aussi sûrement que l’eau lave le corps, aussi surement le sacrifice du Christ nous purifie du péché et nous délivre de sa condamnation. Autrement dit, le baptême est une aide qui nous est donnée par Dieu, qui nous rappelle de manière sensible par une image visible la vérité des promesses de Dieu en ce qui concerne notre salut.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le baptême, signe et sceau de la justice.

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Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle

Pierre-Sovann | 8 avril 2009

Voici un résumé de l’intervention que j’ai donnée le 16 mars dans le cadre d’une soirée Protestants en débats pour 2009 organisée par différentes églises protestantes du val d’oise sur le thème de l’influence de la pensée de Jean Calvin sur notre vie spirituelle aujourd’hui. J’ai donc fait la lecture d’un texte de Calvin qui nous rappelle que nous devons chercher tout ce dont nous avons besoin en Jésus-Christ et non ailleurs, ce qui m’a amené à poser les trois questions suivantes :

I. Pourquoi Calvin prend-il la peine de nous rappeler que tous les trésors de tous les biens sont en lui ?

La raison principale pour laquelle Jean Calvin doit nous rappeler que nous devons trouver tous les trésors de tous les biens en Jésus-Christ, c’est que « l’esprit de l’homme est une boutique perpétuelle et de tout temps pour forger idoles ». L’homme déchu est, pour Calvin, naturellement idolâtre. Il cherche à être son propre Seigneur et son propre Sauveur, et au lieu de chercher tous les trésors de tous les biens dans le Christ, il les cherche ailleurs. L’idolâtrie peut se manifester de plusieurs manières. Mais il s’agit toujours soit d’ajouter, soit de retrancher à la Parole de Dieu, à la Bible. Nous pouvons être tentés d’ajouter des lois que nous avons forgé nous-mêmes et que nous cherchons à observer servilement pour en tirer quelques profits, ou encore de chercher des révélations extra-bibliques que nous attribuons à l’Esprit mais qui ne sont que le produit de notre imagination. Ou alors nous pouvons vouloir retrancher à la Bible en éliminant ce qui nous dérange et en nous forgeant un Christ à notre image vidé de sa substance biblique. En fait, l’anthropologie calvinienne est fondamentalement pessimiste : l’homme est incapable par lui-même d’aller à Dieu et donc de puiser en lui tous les trésors de tous les biens.

II. Comment pouvons-nous puiser toutes ces choses en Jésus-Christ ?

Christ est au ciel et nous sommes sur la terre. Tant que nous ne sommes pas unis à lui, tout ce qu’il a fait en faveur de son peuple ne nous est d’aucun bénéfice. « Il faut donc, pour nous communiquer les biens dont le Père l’a enrichi et rempli, qu’il soit fait nôtre et habite en nous ». L’union avec le Christ est pour Calvin semblable à une greffe par laquelle nous devenons véritablement un avec lui-même. Il ne s’agit pas là d’une union mystique par laquelle la nature divinité est infusée en l’homme. Le Christianisme biblique ne propose en effet aucunement de fusion avec la divinité, de divinisation de l’homme. Ce que propose le Christianisme, c’est union spirituelle avec le Christ, c’est-à-dire une union effectuée par le Saint-Esprit qui œuvre ici-bas et qui nous met au bénéfice de l’œuvre accompli par le Christ ressuscité qui réside à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant. Par l’Esprit, la foi nous est donnée, et par l’Esprit, nous sommes unis au corps du Christ pour former la communauté de l’Eglise. Ainsi, Dieu en nous illuminant en la foi par son Esprit, nous greffe au corps du Christ pour nous rendre participants de tous ses biens. C’est de cette manière que nous pouvons puiser tous les trésors de tous les biens en Jésus.

III. Que trouvons-nous comme trésors en Jésus ?

Les bienfaits que nous pouvons retirer de notre union avec le Christ sont très nombreux. Le principal est celui de la justification par la foi. Par l’union avec le Christ, la justice du Christ devient celle du croyant. Purifiés de ses péchés par le sacrifice du Christ avec qui il est désormais un, il est déclaré juste devant Dieu. La perfection du Christ recouvre alors toutes les imperfections des croyants. La justification est ainsi un concept juridique : nous sommes déclarés justes aux yeux de Dieu, parce que nous sommes unis au Christ. Mais il ne s’agit pas là d’une fiction juridique. Au contraire, celui qui est unit au Christ est non seulement déclaré juste, mais à ce moment-même est aussi implantée en lui la semence de la sainteté qui produit, par l’Esprit de Dieu, une vraie piété qui nous rend capable de souffrir patiemment dans cette vie en étant assurés que les promesses de Dieu sont vraies, qu’en Christ il nous a fait ses enfants et qu’avec lui nous hériterons de la vie éternelle. Tels sont les trésors de tous les biens que nous pouvons puiser en lui si nous sommes unis à lui.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle.

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