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Le message de l’évangile : Proclamation, application & réactions (Ac 13.13-52)

Pierre-Sovann | 22 septembre 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes le 13 septembre sur le texte d’Actes 13.13-52 dans lequel Luc relate la prédication de Paul dans la synagogue d’Antioche de Pisidie. Dans ce texte, il nous montre comment Paul annonçait le message de l’Evangile à des personnes qui connaissaient déjà la Bible, ce qu’il attendait d’eux et quelles furent les réactions à ce message.

I. La proclamation du message de l’Evangile

Lorsque Paul s’adresse à des personnes qui connaissaient la Bible, il utilisait la Bible pour leur parler de Jésus. Deux accents principaux se dégagent de sa prédication : (i) Jésus est l’apogée de l’Histoire Biblique, c’est vers lui que tout concourt, c’est lui qui a accompli les promesses que Dieu avait fait pour son peuple, c’est lui le Messie promis, c’est lui que préfigurait les héros de l’Ancien Testament ; (ii) Ce que Jésus a accompli en notre faveur a de la valeur parce qu’il est intervenu dans l’Histoire : sa vie, sa mort, sa résurrection sont des faits historiques qui changent tout. Il a vécu la vie d’obéissance parfaite que nous devrions tous vivre. Il a souffert la mort que nous méritons tous en tant que rebelles à Dieu. Et il est ressuscité pour montrer que sa mort en notre faveur était approuvée par Dieu et qu’il avait vaincu la puissance du péché et donc de la mort. L’Evangile, le message central de la Bible, c’est cela : Dieu est intervenu en notre faveur par Jésus-Christ pour nous délivrer de la condamnation que nous avons bien mérité.

II. L’application du message de l’Evangile

Cette proclamation joyeuse de ce que Dieu a fait dans l’Histoire par Jésus-Christ en notre faveur, nous devons l’appliquer à notre propre vie. La conséquence de ce que Jésus a fait pour nous est incroyable : ce que la Loi de Dieu ne pouvait pas faire, Jésus lui l’a fait. La Loi de Dieu nous indiquait comment nous devrions vivre et prononçait le verdict de mort sur les transgresseurs de la Loi. Elle nous disait comment être juste devant Dieu pour être accepté par lui, mais elle ne nous en donnait pas la capacité. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était nous montrer combien nous étions coupables. Mais ceux qui mettent leur confiance en Jésus doivent savoir qu’ils sont maintenant acceptés par Dieu : non en vertu d’une justice qui leur serait propre, mais en vertu de celle d’un autre (Jésus) qui a parfaitement accompli la Loi et qui est mise à leur compte. C’est là la conséquence existentielle de ce que Dieu a fait pour nous dans l’Histoire par Jésus-Christ : ceux qui mettent en lui leur confiance pour leur salut sont pardonnés de toutes leurs fautes.

III. Les réactions au message de l’Evangile

Il y a toujours deux réactions au message de l’Evangile. Il y a ceux qui s’y intéressent et qui s’attachent à la grâce manifestée en Jésus-Christ. Et puis il y a ceux qui se moquent, qui s’opposent à ce message, et qui peuvent même fournir de grands efforts pour empêcher la propagation d’un tel message. La vérité, c’est que nous sommes par nature opposée à l’Evangile. Ce message heurte trop notre sensibilité, notre fierté, car il nous dit que nous ne pouvons aucunement contribuer à notre salut. C’est pourquoi, il faut qu’il nous soit donné de le croire, il faut que Dieu opère en nous un miracle pour que nous acceptions un message aussi humiliant pour notre orgueil. Mais ceux à qui une telle compréhension est donnée commencent bientôt à voir combien leur vision du monde changent : ils sont de moins en moins centrés sur eux-mêmes. Leur objectif dans la vie, c’est la gloire du Christ. Ils ont trouvé le sens de la vie. Et ils peuvent être désormais heureux même dans les circonstances les plus difficiles et être ainsi « remplis de joie et de Saint-Esprit ». C’est là ce dont nous avons tous besoin…

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le message de l’Evangile : proclamation, application et réactions. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Le baptême, signe et sceau de la justice (Rm 4.1-11)

Pierre-Sovann | 27 avril 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le dimanche 12avril à l’Eglise Protestante Evangélique de Sannois à l’occasion du baptême de deux amis de mon ancien groupe de jeunes et de celui de ma petite sœur. Dans le texte de Romains 4.1-11, l’apôtre Paul présente la circoncision comme le signe et le sceau de la justice qui vient par la foi. Comme le baptême est la nouvelle circoncision, j’ai voulu parlé du baptême comme d’un signe et d’un sceau de la justice qui vient par la foi.

I. Le baptême est un signe

Le symbolisme du baptême est principalement celui d’une purification. C’est pour ça qu’on utilise de l’eau. Le baptême, c’est un peu le signe de ce qu’on fait lorsqu’on prend un bain ou lorsqu’on prend une douche.

La souillure dont parle la Bible n’est pas une crasse physique mais un état moral. C’est spirituellement que nous avons besoin d’être purifiés de ce que la Bible appelle le péché. Le péché, c’est avant toute autre chose une attitude d’hostilité envers Dieu et une volonté d’être notre propre maître de sorte que nous refusons de mettre en pratique la Loi de Dieu, ce qu’il exige de nous. Et de toute manière, ce que Dieu exige de nous, c’est la perfection, et tout le temps. Nous devons nous abstenir de tout mal, et pire : nous devons faire tout le bien que nous avons l’occasion de faire. Si nous ne sommes pas parfaits tout le temps, alors aux yeux de Dieu nous sommes moralement impurs de sorte que Dieu ne peut nous accepter en sa présence, et que tout ce que nous méritons, c’est sa colère.

Alors comment être purifiés ?

Ce n’est pas par nos propres efforts. L’exemple d’Abraham suffit à le montrer. Abraham n’était pas parfait, mais c’était globalement quelqu’un de très bien. C’est un des héros de la foi. Mais la Bible nous enseigne que même dans le cas d’un homme comme Abraham, on ne peut être purifié par ses œuvres, par ses propres forces. On ne peut aucunement contribuer à sa propre purification.

Alors comment être purifiés ?

Non pas en travaillant pour mériter notre purification – car c’est impossible – mais en recevant cette purification comme un don. La purification que symbolise le baptême, c’est la purification par une justice qui n’est pas la nôtre mais qui est mise à notre crédit. Cette justice, c’est la justice de Jésus-Christ. Comment cette justice est-elle mise à notre compte ? C’est par le moyen de la foi, c’est-à-dire en croyant que Jésus a vécu à notre place la vie d’obéissance que nous devrions tous vivre et qu’il a souffert à notre place la mort que nous devrions tous souffrir en tant que transgresseurs de la Loi de Dieu.

Le baptême est donc un signe qui nous confirme que tout notre salut repose sur le sacrifice unique du Christ offert pour nous sur la Croix ; et qui nous rappelle et nous assure que l’unique sacrifice de Christ sur la croix est pour notre bien selon la promesse de Dieu que ceux qui mettent leur confiance en Jésus sont lavés de l’impureté de leur âme, c’est-à-dire de tous leurs péchés, aussi certainement que l’eau lave extérieurement de la saleté du corps ; et qui proclame que ceux qui croient dans le sacrifice de Jésus reçoivent de la grâce de Dieu le pardon des péchés à cause du sang du Christ versé pour nous lors de son sacrifice sur la croix.

II. Le baptême est un sceau.

Le baptême ne sert pas seulement à signifier le pardon des péchés, il sert aussi à sceller en ceux qui croient l’assurance de la véracité des promesses de Dieu. Le signe du baptême sert à confirmer les promesses de Dieu et à être assuré qu’aussi sûrement que l’eau lave le corps, aussi surement le sacrifice du Christ nous purifie du péché et nous délivre de sa condamnation. Autrement dit, le baptême est une aide qui nous est donnée par Dieu, qui nous rappelle de manière sensible par une image visible la vérité des promesses de Dieu en ce qui concerne notre salut.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le baptême, signe et sceau de la justice.

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Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle

Pierre-Sovann | 8 avril 2009

Voici un résumé de l’intervention que j’ai donnée le 16 mars dans le cadre d’une soirée Protestants en débats pour 2009 organisée par différentes églises protestantes du val d’oise sur le thème de l’influence de la pensée de Jean Calvin sur notre vie spirituelle aujourd’hui. J’ai donc fait la lecture d’un texte de Calvin qui nous rappelle que nous devons chercher tout ce dont nous avons besoin en Jésus-Christ et non ailleurs, ce qui m’a amené à poser les trois questions suivantes :

I. Pourquoi Calvin prend-il la peine de nous rappeler que tous les trésors de tous les biens sont en lui ?

La raison principale pour laquelle Jean Calvin doit nous rappeler que nous devons trouver tous les trésors de tous les biens en Jésus-Christ, c’est que « l’esprit de l’homme est une boutique perpétuelle et de tout temps pour forger idoles ». L’homme déchu est, pour Calvin, naturellement idolâtre. Il cherche à être son propre Seigneur et son propre Sauveur, et au lieu de chercher tous les trésors de tous les biens dans le Christ, il les cherche ailleurs. L’idolâtrie peut se manifester de plusieurs manières. Mais il s’agit toujours soit d’ajouter, soit de retrancher à la Parole de Dieu, à la Bible. Nous pouvons être tentés d’ajouter des lois que nous avons forgé nous-mêmes et que nous cherchons à observer servilement pour en tirer quelques profits, ou encore de chercher des révélations extra-bibliques que nous attribuons à l’Esprit mais qui ne sont que le produit de notre imagination. Ou alors nous pouvons vouloir retrancher à la Bible en éliminant ce qui nous dérange et en nous forgeant un Christ à notre image vidé de sa substance biblique. En fait, l’anthropologie calvinienne est fondamentalement pessimiste : l’homme est incapable par lui-même d’aller à Dieu et donc de puiser en lui tous les trésors de tous les biens.

II. Comment pouvons-nous puiser toutes ces choses en Jésus-Christ ?

Christ est au ciel et nous sommes sur la terre. Tant que nous ne sommes pas unis à lui, tout ce qu’il a fait en faveur de son peuple ne nous est d’aucun bénéfice. « Il faut donc, pour nous communiquer les biens dont le Père l’a enrichi et rempli, qu’il soit fait nôtre et habite en nous ». L’union avec le Christ est pour Calvin semblable à une greffe par laquelle nous devenons véritablement un avec lui-même. Il ne s’agit pas là d’une union mystique par laquelle la nature divinité est infusée en l’homme. Le Christianisme biblique ne propose en effet aucunement de fusion avec la divinité, de divinisation de l’homme. Ce que propose le Christianisme, c’est union spirituelle avec le Christ, c’est-à-dire une union effectuée par le Saint-Esprit qui œuvre ici-bas et qui nous met au bénéfice de l’œuvre accompli par le Christ ressuscité qui réside à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant. Par l’Esprit, la foi nous est donnée, et par l’Esprit, nous sommes unis au corps du Christ pour former la communauté de l’Eglise. Ainsi, Dieu en nous illuminant en la foi par son Esprit, nous greffe au corps du Christ pour nous rendre participants de tous ses biens. C’est de cette manière que nous pouvons puiser tous les trésors de tous les biens en Jésus.

III. Que trouvons-nous comme trésors en Jésus ?

Les bienfaits que nous pouvons retirer de notre union avec le Christ sont très nombreux. Le principal est celui de la justification par la foi. Par l’union avec le Christ, la justice du Christ devient celle du croyant. Purifiés de ses péchés par le sacrifice du Christ avec qui il est désormais un, il est déclaré juste devant Dieu. La perfection du Christ recouvre alors toutes les imperfections des croyants. La justification est ainsi un concept juridique : nous sommes déclarés justes aux yeux de Dieu, parce que nous sommes unis au Christ. Mais il ne s’agit pas là d’une fiction juridique. Au contraire, celui qui est unit au Christ est non seulement déclaré juste, mais à ce moment-même est aussi implantée en lui la semence de la sainteté qui produit, par l’Esprit de Dieu, une vraie piété qui nous rend capable de souffrir patiemment dans cette vie en étant assurés que les promesses de Dieu sont vraies, qu’en Christ il nous a fait ses enfants et qu’avec lui nous hériterons de la vie éternelle. Tels sont les trésors de tous les biens que nous pouvons puiser en lui si nous sommes unis à lui.

Le texte complet de l’intervention est disponible au format pdf : Le message de Jean Calvin pour notre vie spirituelle.

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Je me couche… et je m’endors (Ps 3)

Pierre-Sovann | 6 mars 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné ce dimanche à l’Eglise des Ternes. Dans le Psaume 3, David exprime le désespoir qui l’accapare alors que son propre fils, Absalom le poursuit. Mais parce qu’il a confiance en Dieu, David retrouve le calme… et le sommeil !

I. Le désespoir de David devant Dieu

Les ennemis de David sont nombreux à tel point que les gens commencent à dire de lui qu’il a perdu la faveur de l’Eternel et qu’il subit sa colère. David est désespéré. C’est son propre fils, Absalom, qui le poursuit et qui veut le mettre à mort. Mais dans son désespoir, c’est à Dieu que David s’adresse, avec honnêteté.

II. La relation de David avec Dieu

L’apostrophe que David utilise nous montre quelle relation il avait avec Dieu : ‘Mais toi, Eternel, tu es mon bouclier, tu es ma gloire, et tu relèves ma tête‘. L’Eternel est le bouclier de David. Il s’agit là d’une image qui évoque bien sûr la protection. Mais il y a plus que cela. L’image du bouclier fait partie, dans la Bible, du langage de l’alliance. Cette image sert à illustrer une protection de Dieu bien particulière : c’est la protection que reçoivent de Dieu ceux qui mettent leur confiance en lui. Il s’agit là de la protection que reçoivent ceux que Dieu déclare justes malgré leur injustice personnelle. Autrement dit, lorsque David dit que Dieu est son bouclier, il déclare que Dieu est celui qui lui enlève sa culpabilité, qui le protège de la colère divine. Dès lors, David peut aussi dire que l’Eternel est sa gloire. C’est une manière de dire que Dieu est important pour lui, qu’il pèse dans sa vie, qu’il fait le poids. Et si c’est Dieu qui est notre gloire, alors nous serons toujours consolés, car, quelques soient les circonstances, Dieu ne change pas. C’est pourquoi David déclare que l’Eternel est celui qui lui relève la tête. Voici la relation que David a avec Dieu. Et du coup il le prie : il crie à lui à pleine voix.

III. La confiance de David en Dieu

Parce que David était dans une telle relation d’alliance avec Dieu, il peut lui faire confiance. La conséquence ? C’est qu’il peut dire : ‘je me couche… et je m’endors‘. C’est en Dieu que David se pose, qu’il se repose. Et du coup, il n’a plus peur, aussi oppressantes que soient les circonstances.

IV. La prière de David à Dieu

Parce que David est dans une relation d’alliance avec Dieu, il le prie : il crie vers lui à pleine voix. Il demande à ce que la justice soit faite, à ce qu’il soit délivré de ses ennemis. Pourquoi ? Parce que c’est Dieu qui a les cartes en main, c’est lui qui détermine l’Histoire et qui seul peut délivrer, qui seul peut nous sauver. C’est lui qui peut donner des bénédictions à son peuple. Alors David prie Dieu.

Conclusion

Ce psaume nous assure que dans la détresse, nous pouvons retrouver le calme et la confiance en Dieu en nous adressant à lui par la prière, en lui exprimant notre détresse, en lui demandant sa protection, en sachant pleinement qu’il fera justice, qu’il vengera son peuple, qu’il maintiendra son alliance avec nous.

Mais ce qui est étonnant, c’est qu’un tel psaume a pu être écrit dans de telles circonstances. Après tout, David n’était pas un homme exempt de tout reproche. Il avait été adultère et meurtrier. Sa fuite n’était d’une certaine façon que le châtiment que Dieu lui infligeait. Alors comment un homme injuste peut-il en appeler à l’Eternel ? Comment peut-il crier à pleine voix vers Dieu et espéré être entendu alors qu’il ne le mérite pas ? David ne savait pas exactement pourquoi et comment Dieu pouvait entendre ses prières, mais il savait que le Dieu qui avait fait alliance avec lui serait fidèle à ses promesses…

Ce que révèle la suite de l’histoire biblique, c’est qu’un autre homme est apparu plus tard. Lui aussi a connu la persécution, l’affliction, la détresse, le désespoir. Lui aussi a été trahi par un proche. Lui aussi a dû entendre la voix des personnes qui pensait que Dieu l’avait abandonné. Lui aussi s’est senti abandonné par Dieu. Mais à la différence de David, c’est qu’il était parfaitement innocent. Et pourtant, il ne trouva pas la protection auprès de Dieu, et le seul sommeil qu’il trouva fut celui de la mort. Mais parce que la mort ne pouvait le retenir, il se réveilla le troisième jour. Jésus a vécu la vie que nous devrions tous vivre devant Dieu, il a souffert la mort que nous devrions tous souffrir en tant que pécheurs. Et c’est pour cela que des pécheurs comme David – et comme vous et moi – pouvons venir à Dieu et lui dire notre désespoir en ayant la pleine confiance que nous serons écouté, par les mérites du Christ.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Je me couche… et je m’endors. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Cela lui fut imputé à justice (Rm 3.27-4.25)

Pierre-Sovann | 4 mars 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le vendredi 27 février à l’Interfac des GBU de Paris. Dans le texte de Romains 3.27-4.25 l’Apôtre Paul tire les conséquences de la doctrine de la justification par la foi seule qu’il vient d’énoncer et répond aux trois questions suivantes :

I. Où donc est le sujet de se glorifier ?

Il n’y a pas sujet de se glorifier car Abraham lui-même n’avait pas sujet de se glorifier. Abraham est celui avec qui Dieu a conclu l’alliance de grâce par laquelle il prend la décision de sauver librement des personnes qui ne le méritent pas. Abraham est ainsi « notre père à tous », c’est-à-dire à tous ceux qui mettent leur foi dans le Dieu de la Bible. Or Abraham lui-même n’a pas de sujet de se glorifier parce qu’il n’a pas été déclaré juste à cause de ses œuvres mais parce que sa foi lui a été mis à son crédit.

Il n’y a donc pas sujet à se glorifier car l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Loi. La Bible montre bien que l’homme est incapable de mériter son salut et de le recevoir comme un salaire. Au contraire, on ne peut le recevoir que comme une grâce, que comme un don, car Dieu se présente comme celui « qui justifie l’impie », qui déclare juste des injustes. Comment cela est-il possible ? C’est parce que, par la foi, il unit ces impies à Jésus-Christ, de sorte qu’il les considère en lui et qu’ainsi tout ce que le Christ a fait en leur faveur est mis à leur compte. De cette manière, la justice du Christ est mise à notre compte, et simultanément, nos péchés ne nous sont plus comptés.

II. Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ou est-il aussi celui des païens ?

Dieu est aussi le Dieu des païens, car la circoncision n’est pas la cause de l’imputation mais le signe et le sceau de la justice obtenue par la foi. Le salut est par grâce. Mais alors pourquoi Dieu a-t-il donné des règles comme la circoncision ? N’est-ce pas pour qu’on soit sauvé par notre soumission à ces règles ? Pas du tout ! En effet, la circoncision, par exemple, n’a jamais été donné pour que l’homme soit déclaré juste (puisqu’Abraham lui-même a été déclaré juste avant d’être circoncis). Alors à quoi sert la circoncision ? A signifier et sceller la justice qui vient de la foi. La circoncision n’accomplit rien en elle-même mais sert à attester de la promesse de Dieu que celui qui met sa foi en lui sera sauvé.

Dieu est aussi le Dieu des païens, car l’alliance conclue par Dieu avec Abraham et sa postérité est fondée sur la promesse et non sur l’obéissance. La promesse de l’héritage du monde n’a pas été donné à Abraham parce qu’il avait obéi à Dieu, mais avant même qu’Abraham ait commencé à obéir à Dieu. Cela nous montre que la promesse de Dieu n’a pas pour fondement l’obéissance de l’homme mais la seule volonté de Dieu. Autrement dit, la promesse de Dieu est inconditionnelle, et pour cette raison, ce n’est pas en gardant la Loi (c’est-à-dire en étant Juif) qu’on peut être sauvé. Malgré notre injustice, Dieu se propose de nous sauver. Il ne se fonde pas sur notre obéissance pour nous sauver, sans quoi personne ne le serait. Mais parce que c’est par pure grâce qu’il nous sauve, en fonction de la promesse qu’il a faite, alors ça veut dire que toute sorte d’hommes peut être sauvé (et non seulement une élite).

III. Anéantissons-nous donc la loi par la foi ?

Nous n’anéantissons pas la loi par la foi, car la loi (c’est-à-dire l’Ancien Testament) a précisément été écrite pour nous faire connaître l’Evangile, c’est-à-dire que le salut n’est pas quelque chose qu’on peut mériter mais qu’au contraire on ne peut le recevoir que par la grâce. Puisque la justification par la foi était déjà la manière dont les croyants de l’Ancien Testament (à la suite d’Abraham) était sauvés, il s’ensuit que la loi n’est pas anéanti par la foi mais qu’au contraire nous confirmons la loi en établissant le principe de la justification par la foi seule, sans les œuvres de la Loi.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Cela lui fut imputé à justice.

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Le règne victorieux du Christ (Psaume 2)

Pierre-Sovann | 23 février 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné ce dimanche à l’Eglise des Ternes. Dans le psaume 2, David décrit comment la nature humaine se rebelle constamment contre le règne de Dieu et comment celui-ci établi son Christ sur l’univers tout entier. Au final, c’est un appel à se soumettre volontairement au règne du Christ qui nous est donné, car c’est ainsi que nous serons vraiment heureux.

I. La rébellion des nations contre le règne du Christ.

La nature humaine est en rébellion contre Dieu et contre celui qu’il a établi comme Roi de toute la Création (Jésus, le Christ). Elle refuse de se soumettre à lui et projette constamment de le renverser. Dans l’Histoire, cette tendance naturelle de l’Homme à la rébellion contre Dieu et contre son Roi (son Christ) s’est traduit par la crucifixion de Jésus-Christ lorsqu’Hérode, Ponce-Pilate et les habitants de Jérusalem se sont ligués contre lui. Pourtant cette rébellion (qui est aussi la nôtre) n’a pas eu l’effet escompté : au lieu de renverser le Roi établi par Dieu, le complot qu’on a mené contre lui n’a pas conduit seulement à son humiliation, mais aussi à sa gloire…

II. La réaction de Dieu le Père à la rébellion des hommes.

Quelle est la réaction de Dieu à la vaine tentative des hommes de le renverser, lui et son Christ ? C’est de se moquer ! Les hommes ne peuvent absolument rien faire pour contrecarrer ses plans, car même leur rébellion fait partie de ce que son conseil et sa main ont déterminé d’avance. Mais parce que leur rébellion est volontaire (et non seulement subie), elle leur attire aussi le jugement effroyable de Dieu qui confirme ce qu’il a déjà décidé : son Christ sera bel et bien établi et les nations devront plier le genou devant lui.

III. La proclamation par le Fils de Dieu de son propre règne.

A la réaction de Dieu le Père s’ajoute la proclamation par le Fils de Dieu de son propre règne. Jésus règnera un jour sur l’univers tout entier, et en fait, il règne déjà, malgré les apparences, et ce, depuis sa résurrection. Ca ne veut pas dire que Jésus a commencé à être Fils de Dieu au moment de sa résurrection (puisqu’il l’était de toute éternité) mais qu’il a officiellement commencé à régner à ce moment là. Sa résurrection démontre qu’il est le Fils de Dieu, le roi que Dieu a établi et, pour cette raison, nous pouvons être sûrs qu’un jour l’univers tout entier lui sera pleinement et manifestement soumis. Pour cette raison, nous devons garder courage malgré les souffrances et les persécutions du monde présent, car Jésus-Christ règne déjà et un jour il établira un monde parfait.

IV. Le conseil donné aux hommes de se soumettre au Fils de Dieu.

Puisque Jésus a été déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection, il faut en tenir compte. On doit arrêter d’essayer d’être notre propre maître, notre propre Dieu. Si même les rois sont appelés à laisser le Fils de Dieu diriger leur vie, ça veut dire qu’on doit tous cesser d’être en rébellion contre Dieu et contre son Christ, qu’on doit tous changer d’attitude et se soumettre à lui. Il faut maintenant se conduire avec sagesse, se laisser instruire, reconnaître que nous sommes incapables par nous-mêmes de gouverner correctement notre vie. Il faut servir l’Eternel avec crainte et se réjouir en lui tout en tremblant. Il y a là un paradoxe. Nous pouvons nous réjouir plus et être plus heureux que nous n’aurions jamais osé l’imaginer, car Dieu se propose de nous amnistier malgré notre rébellion, à la seule condition de rendre les armes aux pieds de son Fils. Mais il faut nous en réjouir avec crainte – en tremblant même !   car c’est là un grand salut qui nous est proposé et que nous ne devrions pas mépriser. Celui qui peut nous détruire en un instant est aussi celui qui sauve ceux qui mettent leur confiance en lui. Et pour cette raison, nous pouvons être heureux, vraiment heureux, car nous découvrons en contemplant le roi établi par Dieu – et en venant à lui – que nous sommes plus rebelles et méchants que ce que nous n’aurions jamais osé imaginer et qu’en même temps nous sommes plus aimés et plus acceptés que ce que nous n’aurions jamais osé espérer…

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le règne victorieux du Christ. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Deux façons de vivre (Ps 1)

Pierre-Sovann | 17 février 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné ce dimanche à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes. Dans le Psaume premier, le psalmiste décrit deux manières de vivre : celle du juste et celle des méchants.

I. Le portrait du juste

L’homme juste est celui qui a atteint une perfection morale et qui en est parfaitement heureux.

Sa perfection morale consiste négativement à fuir le péché qui est un état de rébellion contre Dieu que l’on peut décrire comme un processus de paralysie de plus en plus total, comme un endurcissement de plus en plus profond ; et positivement à prendre plaisir dans la Loi de l’Eternel, a faire ses délices des commandements de Dieu de sorte qu’il est en permanence en train d’agir conformément à la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans la Bible.

Son bonheur est parfait. Comme un arbre planté près d’un cours d’eau qui donne son fruit en sa saison et dont le feuillage ne flétrit pas, tout ce que fait le juste lui réussit. Pourquoi ? Précisément parce qu’il prend plaisir en la Loi de Dieu.

II. Le portrait des méchants

Les méchants, ce sont ceux qui ne sont pas comme l’homme juste. Ils cherchent leur bonheur ailleurs qu’en Dieu et qu’en sa Loi.

Au contraire du juste qui est comme un arbre qui est solidement enraciné dans la Parole de Dieu et qui par conséquent porte un fruit désirable, les méchants sont comme de la paille que le vent disperse. Lorsque nous nous rebellons contre Dieu et que nous refusons de faire de lui nos délices, alors notre vie n’a pas plus de substance qu’un fétu de paille emporté par le vent.

III. La destinée des justes et des méchants

Dieu approuve la manière de vivre des justes mais il n’en est pas ainsi des méchants. A l’inverse des justes, ceux-ci ne vont pas vers un bonheur éternel, mais vers une ruine effroyable qui correspond à la fois à l’application de la justice et à ce que les méchants réclament eux-mêmes. Lorsque l’homme dit constamment à Dieu : « laisse-moi tranquille », celui-ci finit un jour par donner au méchant ce qu’il demande et ce qu’il mérite… Et c’est cela qui provoque la ruine de l’homme, parce que lorsque l’homme créé à l’image de Dieu est abandonné par lui, il est alors coupé de la source de sa vie.

Conclusion

Et nous, faisons-nous partie de l’assemblée des justes ? Ou sommes-nous au nombre des méchants ? Si nous sommes honnêtes, nous nous rendrons compte que nous ne ressemblons pas au portrait de l’homme juste…

Plusieurs centaines d’années après la rédaction de ce psaume, un homme est apparu… Jésus est la seule personne qui s’est toujours abstenu du péché et qui a toujours trouvé son plaisir dans la personne de Dieu et dans sa Loi. Et pourtant, au lieu de d’être heureux comme l’homme juste, il a connu la ruine qui était destiné aux méchants. Sur la Croix, lui qui était pleinement Dieu, il s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Jésus a vécu la vie que nous devrions tous vivre en s’abstenant à chaque instant du péché et en prenant plaisir en Dieu et en sa Loi. Et il a souffert la mort que nous devrions tous souffrir puisqu’il s’est senti abandonné par Dieu, coupé de la source de vie. Et pourquoi l’a-t-il fait ? Pour que des méchants puissent être déclarés justes… Et de cette manière, Jésus devient l’homme juste et heureux… Tout ce qu’il a voulu faire en prenant plaisir en la Loi de Dieu, il l’a réussi ! Avant de mourir, il a ainsi pu dire : « tout est accompli ». Car ce qu’il voulait, c’était délivrer des méchants, des pécheurs de l’esclavage du péché de sorte que tous ceux qui s’unissent à lui par la foi soient sauvés de la ruine à venir et qu’ils soient grâce à lui acceptés dans la présence de Dieu.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Deux façons de vivre. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Paul, l’Evangile et les chrétiens de Rome (Rom 1.1-15)

Pierre-Sovann | 19 janvier 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le vendredi 16 janvier à l’Interfac des GBU de Paris. Dans le texte de Romains 1.1-15 l’Apôtre Paul explique quel est son message et sa préoccupation pour les chrétiens de Rome à qui il écrit.

I. Paul et l’Evangile

1. La mission de Paul : Paul se présente non en énumérant ses accomplissements passés mais en énonçant la relation qui le lie au Christ, car c’est en lui qu’est son identité. Du coup, il se retrouve avec une mission : celle d’annoncer la bonne nouvelle de ce que Dieu a fait pour nous dans l’histoire par Jésus-Christ. Bien sûr, sa mission était particulière, car il était un des Apôtres du Christ. Mais il y a là une application pour chaque chrétien : tous ceux qui ont rencontré le Christ ressuscité peuvent et doivent parler de celui qui les sauve.

2. Le message de Paul : contrairement à ce qu’on trouve dans toutes les autres religions, le Christianisme n’a pas en son centre une sagesse, des instructions à respecter pour être sauvé ; mais elle a un Evangile, c’est-à-dire l’annonce joyeuse de quelque chose qui a eu lieu dans l’histoire et qui concerne celui qui est humainement le Fils de David et divinement le Fils de Dieu : Jésus. Cela signifie que nous ne devons pas lire la Bible comme un manuel d’instructions pour réussir sa vie, parce que si on fait ça on se concentrera sur ce qu’on doit faire pour Dieu et on passera à côté de l’Evangile qui est l’histoire de ce que Dieu a fait pour nous. Que nous raconte cette histoire ? Que Dieu est venu en la personne de Jésus pour vivre la vie que nous devrions tous vivre et pour subir la mort que nous devrions tous subir. Lui qui était éternellement Dieu, il s’est dépouillé de sa gloire en revêtant notre nature humaine et en s’unissant humblement à notre condition. Il a vécu une vie parfaite, obéissant en toutes choses à Dieu, mais il a néanmoins terminé sa vie sur une Croix, souffrant ainsi la mort d’un criminel. Mort et enseveli, il est ressuscité des morts le troisième jour, montrant par là même sa victoire sur le péché et la mort, victoire par laquelle nous pouvons mettre notre confiance en lui d’une manière qui nous transforme entièrement.

3. La motivation de Paul : Paul se met au service de ce message parce qu’il sait que lorsque Dieu nous accepte grâce à l’œuvre et à la personne du Christ, ça fait de nous des hommes et des femmes en mission. Cette mission consiste à annoncer cette nouvelle qui nous a nous-mêmes transformé aux gens qui nous entourent de telle sorte qu’elle les transforme à leur tour. C’est de cette manière que l’on fera le plus de bien à nos prochains. Mais au final, la motivation principale de Paul est d’agir pour le nom de Christ, de chercher non sa propre gloire en se faisant un nom, mais la seule gloire de Dieu.

II. Paul et les chrétiens de Rome

1. La prière de Paul : Paul remercie Dieu pour la foi et pour le témoignage des chrétiens de Rome, ce qui signifie que même la foi et le retentissement qu’elle peut avoir autour de nous sont des dons de Dieu. Il prie de manière continuelle, c’est-à-dire avec une grande discipline. Il prie enfin en demandant que la volonté de Dieu s’accomplisse soumettant ainsi son ministère à la volonté spécifique et cachée de Dieu.

2. Le plan de Paul : Paul veut venir à Rome pour communiquer des bienfaits spirituels aux chrétiens de Rome, ou encore mieux pour que chacun soit encouragé par la foi de l’autre. Il espère que son œuvre et sa prédication produira quelques bons fruits et, surtout, il veut venir parce que c’est sa mission d’annoncer l’Evangile à tous les hommes, y compris aux chrétiens, ce qui nous montre combien l’Evangile est profond et large, car c’est par l’Evangile que les non-chrétiens viennent à Christ, et c’est par l’Evangile que les chrétiens viennent à l’obéissance de la foi, qu’ils commencent à ressembler à Jésus.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Paul, l’Evangile et les chrétiens de Rome.

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Devenir saints comme Dieu (1 P 1.10-25)

Pierre-Sovann | 9 janvier 2009

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le 28 décembre. Dans le texte d’1 Pierre 1.10-25 l’Apôtre nous rappelle l’appel que reçoivent les chrétiens et montrent comment ils peuvent assumer une telle vocation.

I. L’appel qui nous est adressé

Dans ce passage, l’Apôtre Pierre exhorte ses destinataires à être saints. Que signifie être saint ? C’est conformer nos pensées aux pensées de Dieu, notre caractère à son caractère et nos actes à ses actes. Les domaines dans lesquels Dieu exige que nous soyons saints sont (i) notre intelligence, (ii) nos émotions, nos sentiments et nos paroles, (iii) nos actes. Bref, nous devons être saints partout et tout le temps. Quant à l’intensité de la sainteté que nous devons atteindre, l’objectif est également clair : nous sommes appelés à être saints comme Dieu est saint. Enfin, en ce qui concerne l’attitude générale avec laquelle nous devons répondre à notre appel, il s’agit de chercher à devenir saints en se revêtant d’une crainte respectueuse du Seigneur par laquelle la seule pensée de lui causer du déplaisir nous attriste.

II. Le moyen par lequel nous pouvons répondre à cet appel

Le problème, c’est que nous ne pouvons pas de nous-mêmes être saints de cette manière. Pour pouvoir aimer Dieu de tout notre être et notre prochain comme nous-mêmes, il faut que se produise un tel changement en nous que l’Apôtre Pierre appelle cette expérience une nouvelle naissance par l’Esprit de Dieu. Et quel moyen l’Esprit de Dieu utilise-t-il pour nous renouveler ainsi ? La parole vivante et permanente de Dieu. C’est cette parole qui peut nous transformer. Pourquoi ? Parce qu’il y a une puissance de vie dans cette parole. L’image que l’Apôtre utilise ici est celle d’une graine. La spécificité d’une graine par rapport à un caillou, c’est que la graine porte la vie en elle-même, alors qu’il n’y a pas de vie dans le caillou. De même la Parole de Dieu peut nous transformer radicalement alors que la sagesse des hommes n’a jamais ce pouvoir et ne produit en fait qu’une manière de vivre dépourvue de sens. Et puisque seule la Parole de Dieu peut nous transformer, alors nous devons faire tout ce qui est en notre possible pour nous trouver aux endroits où la Parole de Dieu est annoncée et expliquée fidèlement, car c’est ce moyen que Dieu promet d’utiliser pour nous transformer.

Cependant, il faut bien comprendre que tous ceux qui sont exposés à la Parole ne seront pas nécessairement transformés. Pourquoi ? Parce que dans certaines personnes sa Parole reste à la surface, alors que dans d’autres elle pénètre profondément. Il nous reste à savoir ce qu’il nous faut pour que la Parole de Dieu pénètre profondément en nous.

III. La manière d’employer ce moyen mis à notre disposition

Pour que la Parole de Dieu pénètre en nous, il faut comprendre la spécificité de l’Evangile. Contrairement à ce qu’on trouve dans toutes les autres religions, le Christianisme n’a pas en son centre une sagesse, des instructions à respecter pour être sauvé ; mais elle a un Evangile, c’est-à-dire l’annonce joyeuse de quelque chose qui a eu lieu dans l’histoire. Et si on voit la différence qu’il y a entre l’approche de la Bible et celle des autres religions, c’est que la Parole de Dieu a commencé à pénétrer en nous.

Cela signifie que nous ne devons pas lire la Bible comme un manuel d’instructions pour réussir sa vie, parce que si on fait ça on se concentrera sur ce qu’on doit faire pour Dieu et on passera à côté de l’Evangile qui est l’histoire de ce que Dieu a fait pour nous. Que nous raconte cette histoire ? Que Dieu est venu en la personne de Jésus pour vivre la vie que nous devrions tous vivre et pour subir la mort que nous devrions tous subir.

Mais d’après l’Apôtre Pierre, toute la Bible nous parle de Jésus. Par exemple, il faut savoir derrière le sacrifice des agneaux sans défaut et sans tâches des lois de purifications, le véritable agneau sans défaut et sans tâche qui nous rachète de notre vaine manière de vivre… Si on voit cela, si on apprend à chercher Jésus dans toute la Bible, alors elle cessera d’être pour nous un manuel d’instruction et deviendra un Evangile, la proclamation joyeuse de ce que Dieu a fait pour nous par Jésus-Christ.

Si c’est ainsi que nous lisons la Bible, nous serons comme les anges qui plongent sans cesse leurs regards dans l’Evangile. Et s’il en est ainsi pour nous, alors nous serons transformés, car la moyen par lequel Dieu nous transforme par son Esprit pour nous rendre saints, c’est en nous faisant contempler la gloire de son Fils.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Devenir saints comme Dieu. Cette prédication a également été enregistrée et sera bientôt disponible sur la page « messages » de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Le Seigneur de la fête (Jn 2.1-11)

Pierre-Sovann | 6 janvier 2009

Voici un résumé d’une prédication que j’ai donné le 7 décembre 2008 à l’Eglise Protestante Evangélique de Franconville et le 21 décembre 2008 à l’Eglise Evangélique Baptiste de Paris-Centre. Dans le texte de Jean 2.1-11 Jésus est invité avec ses disciples à un mariage. C’est l’épisode des Noces de Cana, une ville de Galilée. C’est à cette occasion que Jésus a opéré son tout premier miracle et qu’il s’est révélé être le véritable époux et le véritable maître du banquet, parce que c’est lui, le Seigneur de la fête…

I. Le véritable époux

Alors que Jésus a été invité à un mariage avec ses disciples, Marie, sa mère, vient à lui en faisant le constat qu’il n’y a plus de vin. La réponse de Jésus semble au premier abord choquante : « Que me veux-tu femme ? Mon heure n’est pas encore venue« . Pourquoi Jésus répond-il de manière aussi glaciale ? Et quel rapport entre ce que lui dit sa mère et le fait que son « heure n’est pas encore venue » ?

Ce qu’il faut probablement comprendre, c’était que Jésus a été un peu surpris par ce que sa mère est venu lui dire pour la raison… qu’il était en train de penser à autre chose ! Il était en train de penser à son propre mariage, celui que toute la Bible annonce entre Dieu et son peuple. En effet, dans la Bible, l’image du mariage est l’une des images les plus fréquentes pour parler de la relation entre Dieu et son peuple. Et justement, Jésus est venu dans le monde pour devenir le véritable époux. Et cette pensée le trouble terriblement. Pourquoi ? Parce qu’il sait très bien ce qu’il va devoir souffrir pour s’acquérir le cœur de son épouse et pour avoir du bon vin à son mariage : il va devoir mourir. C’est pour ça qu’il répond à sa mère : « Mon heure n’est pas encore venue », car dans l’évangile selon Jean, « l’heure de Jésus », c’est une expression pour parler de sa mort.

Et l’indice qui montre que c’est bien à ça que Jésus pensait, c’est qu’il va accomplir son miracle en transformant une eau bien particulière : il prend de l’eau qui servait à la purification des péchés. En transformant l’eau de la purification en vin, Jésus préfigure son propre sang, sa propre mort qui, seule, peut véritablement purifier l’homme de ses péchés.

II. Le véritable organisateur du banquet.

Le maître du banquet avait été bien négligent ce jour là : il n’avait pas prévu assez de vin. La fête allait devoir s’arrêter. Mais Jésus, en transformant l’eau en vin, se révèle être le véritable maître du banquet, le Seigneur de la fête. Ce faisant, Jésus indique la raison pour laquelle il est venu parmi nous, car par ce miracle Jésus montre qu’il est celui qui accomplit tout ce que les prophètes disaient à propos du grand festin qui aura lieu lorsque le Seigneur fera advenir une nouvelle création. Le programme de Jésus est donc de nous apporter la joie parce qu’il est le maître du banquet, le Seigneur de la fête. Alors que faire maintenant ? Comment réagir à ce que nous montre le Seigneur de la fête ?

4 applications

1. Jésus est venu pour préparer une fête comme on en a jamais vue. Si on rejette le Christianisme parce qu’on préfère s’amuser et profiter de la vie, on rejette le Christianisme pour une très mauvaise raison, parce que Jésus est précisément venu pour nous rendre heureux et joyeux.

2. L’accueil que Jésus nous réserve est total et complet : il nous accueille comme un époux accueille son épouse.

3. Ce que Jésus nous propose, ce sont des sensations puissantes. La raison pour laquelle la Bible utilise constamment un langage sensoriel pour parler de l’expérience chrétienne, c’est précisément parce qu’être chrétien, c’est beaucoup plus qu’une adhésion intellectuelle à un dogme : c’est une relation réelle que l’on vit avec Dieu. Si on n’a pas cela, il faut se remettre en cause et se demander si on est vraiment chrétien.

4. Pour recevoir ce que Jésus nous offre – une vie joyeuse, un accueil complet et des sensations puissantes – il nous faut encore 2 choses : (i) reconnaître que nous sommes aussi vide que les jarres à vin, que dans notre vie le vin vient toujours à manquer tant que nous ne mettrons pas notre confiance en Jésus ; (ii) accepter ce que Jésus met à notre compte : dans l’histoire des noces de Cana, mis à part les serviteurs, personne ne sait que c’est Jésus qui a procuré le vin. Résultat : tout le monde croit que c’est le marié qui a sorti ce vin de nulle part. Autrement dit, Jésus met au compte du marié imprévoyant – et qui n’a rien fait dans cette histoire – ce que lui-même a fait. Il en va de même pour le salut : nous devons accepter que ce que Jésus fait dans sa vie, dans sa mort et dans sa résurrection, il l’a fait à notre place, totalement, sans que nous contribuions en rien à notre salut, de sorte que désormais il est libre de nous accueillir complètement et de nous satisfaire totalement. Il a vécu la vie que nous devrions tous vivre, il a souffert la mort que nous devrions tous souffrir, et pour cette raison nous pouvons faire la fête.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le Seigneur de la fête.

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