Un apprenti-pasteur à Paris

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Car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte (Exode 11.1-13.16)

Pierre-Sovann | 9 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 14 février 2010 sur le texte d’Exode 11.1-13.16 dans lequel est relaté la libération qu’a connu le peuple d’Israël à ce moment là et institué un mémorial, celui de la Pâque et de la fête des pains sans levain :

I. Le mémorial : que commémore-t-il ?

Le texte le dit très clairement : « Vous observerez la fête des Pains sans levain, car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte ; vous observerez ce jour comme une prescription perpétuelle, pour toutes vos générations ». Ce qui est commémoré par ce mémorial, c’est la sortie d’Egypte, la libération du peuple de la servitude dans laquelle ils étaient. Ce qui est commémoré, c’est un nouveau départ, une nouvelle vie qui a commencé soudainement. Ce qui est commémoré, c’est le fait que Dieu a manifesté sa puissance qu’il a montré qu’il était le SEIGNEUR, que c’est lui qui délivre son peuple.

II. Le mémorial : qui peut y participer ?

Puisque le mémorial sert à se souvenir de la délivrance que Dieu a accordé à son peuple, il est normal que ceux qui y participent soient ceux qui font partie de ce peuple. Cela ne veut pourtant pas dire que des personnes d’une autre ascendance qu’Israélites ne pouvait y participer : ceux qui recevaient le signe de la circoncision, le signe de l’alliance établie entre Dieu et Abraham, et croyaient au Dieu d’Abraham intégraient du même coup le peuple, et pouvait donc aussi se souvenir de la délivrance d’Egypte que Dieu leur avait accordée

III. Le mémorial : que signifie-t-il ?

Pharaon avait fini par céder devant l’horreur du châtiment qui avait été infligé à son peuple pour avoir résisté au SEIGNEUR : les premiers-nés d’Egypte avaient péri en une nuit. Il ne faut pas minimiser l’horreur d’une telle situation. Mais si on réfléchit à la sainteté de Dieu et à la rébellion de l’homme contre son créateur, ce qui est étonnant, ce n’est pas tant que Dieu est mis à mort les premiers-nés d’Egypte, mais qu’il est laissé survivre tous les autres, Egyptiens et Israélites. Par notre rébellion à Dieu, nous méritons tous le châtiment qu’ont connu les premiers-nés d’Egypte. Nous ne sommes pas meilleurs qu’eux. C’est pourquoi le mémorial de la Pâque contient un rite de substitution : un agneau doit être immolé à notre place, parce que nous ne méritons pas de vivre.

Ce mémorial de l’ancien Israël dirige nos regards vers le fait que Dieu est un Dieu de délivrance. Il est non seulement le Dieu qui a délivré le peuple d’Israël de la servitude en Egypte, il est aussi celui qui libère de la culpabilité et de la condamnation du péché tous ceux qui placent leur confiance en son fils Jésus-Christ. Car Christ est notre Pâque, celui qui s’est substitué véritablement à nous, vivant la vie que nous devrions tous vivre, souffrant la mort que nous devrions tous souffrir. Telle est la bonne nouvelle de l’Evangile : nous sommes épargnés de la colère de Dieu que nous méritons personnellement parce que Jésus-Christ l’a prise sur lui à notre place.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées d’Egypte.

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La joie d’un peuple passé des ténèbres à la lumière (Es 8.23-9.6)

Pierre-Sovann | 7 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée le 7 février à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes sur le texte de Esaïe 8.23-9.6 dans lequel le prophète annonce au peuple une grande joie qui effacera à l’avenir le désespoir présent du peuple, une grande joie dont la cause est triple :

I. Une grande victoire

Le prophète Esaïe annonce que, même si à son époque les Assyriens sont sur le point d’envahir Israël, au final, le peuple de Dieu obtiendra une grande victoire, une victoire semblable à celle remportée autrefois sur Madian sous la direction de Gédéon et grâce à l’intervention miraculeuse de Dieu.

II. Une grande paix

La victoire qu’a annoncé le prophète sera si totale si définitive et débouchera sur une paix si grande qu’on pourra se débarrasser des instruments de guerre qui ont permis d’obtenir la victoire. C’est une vision paradisiaque que nous offre ici Esaïe.

III. Un grand roi

Cette grande victoire et cette grande paix qui réjouiront le peuple de Dieu seront le résultat du règne d’un enfant à naître qui sera le grand roi que le peuple attend. Il sera plus grand que Salomon, plus grand que David, en fait même plus grand qu’Abraham ou qu’Adam. Car voici ce que fera le maître de l’univers avec cet enfant : « Étendre la souveraineté, donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et pour toujours ». Par une grande victoire, ce grand roi assurera une grande paix à son peuple. C’est pourquoi le peuple de Dieu peut se réjouir !

Le prophète Esaïe et le peuple auquel il s’adressait n’ont pu voir s’accomplir qu’une seule de ses trois promesses d’une grande victoire, d’une grande paix et d’un grand roi. Sous le règne d’Ezéchias, le peuple a été délivré miraculeusement lors du siège de Jérusalem par les Assyriens. Mais cette victoire n’a pas débouché sur la paix annoncée par Esaïe, et Ezéchias n’a pas été le roi plus grand que David et Salomon qu’on était en droit d’attendre. Et pour cause. Ce qu’il faut pour instaurer une paix véritable et durable, ce n’est pas seulement une victoire militaire contre une puissance politique régionale. Ce qu’il faut plutôt, c’est venir à bout de la dureté du coeur humain et de sa corruption morale. Et cela, Ezéchias ne pouvait bien sûr pas le faire.

Mais un autre roi est venu pour remporter cette victoire. En vivant la vie que nous devrions tous vivre, en souffrant la mort que nous devrions tous souffrir, il a vaincu la puissance du péché de sorte que ceux qui sont en lui peuvent se  réjouir de sa grande victoire sur le péché et le diable, de la grande paix en laquelle résulte cette victoire, et de leur grand roi qu’ils peuvent contempler pour l’éternité. Cette victoire n’est pour l’instant qu’une victoire de principe, mais elle est d’ores et déjà certaine, et tous s’en rendront compte lorsqu’il reviendra pour juger les vivants et les morts.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : La joie d’un peuple passé des ténèbres à la lumière. Cette prédication a également été enregistrée et est disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Si le monde vous déteste (Jn 15.16-16.4)

Pierre-Sovann | 5 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée le 3 janvier à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes sur le texte de Jean 15.16-16.4 dans lequel Jésus explique pourquoi les chrétiens devront forcément faire face à de l’opposition dans ce monde étant donné le changement radical qu’a produit en eux l’union avec le Christ :

I. Parce que les chrétiens ne sont pas du monde

Le fait de devenir chrétiens, d’être unis au Christ change nos priorités. Notre allégeance ne va plus à notre entreprise, notre parti politique, ou même nos amis et notre famille. Notre identité n’est plus dans notre statut social ou dans notre confort de vie. Et souvent, les personnes qui nous entourent, même celles qui nous aiment et que nous aimons, ont de plus en plus de mal à nous comprendre. S’installe alors, au mieux, une méfiance, et au pire de l’hostilité.

II. Parce que le monde déteste Jésus

Le monde a rejeté Jésus parce qu’il ne le comprenait pas, parce qu’il ne voulait pas de ce que Jésus avait a proposé. Il annonçait que par la foi en lui, chacun pouvait accéder au Père, malgré l’indignité qui nous est propres. Mais cela, notre humanité ne veut pas l’entendre : nous voulons prouver que, par nos propres forces, nous sommes capables d’atteindre le ciel, de nous sauver nous-mêmes. La conséquence, c’est que nous rejetons Jésus, que nous détestons la voie qu’il nous propose. C’est cette hostilité qui l’a conduit sur la Croix. Et si Jésus a été rejeté pour cela, alors ceux qui croient en lui et qui annoncent son message seront rejetés de même.

III. Parce que le monde ne connaît pas le Père

Jésus-Christ est la révélation finale, la révélation la plus claire de l’être-même de Dieu. Il est celui par lequel nous pouvons connaître Dieu tel qu’il est. Il est celui en qui nous pouvons contempler la gloire de Dieu,  parce qu’il est l’image parfaite du Dieu invisible, le reflet immaculé de sa gloire, parce qu’il est lui-même Dieu. Mais cela aussi, notre monde ne peut l’accepter. Même les plus religieux d’entre nous. Nous nous faisons une autre image de qui Dieu doit être. Et nous rejetons donc le témoignage de Jésus, et de ceux qui suivent Jésus. Ce faisant, sans nous en rendre compte, nous rejetons nous seulement Jésus-Christ et les chrétiens avec lui, mais aussi Dieu le Père, car Jésus nous dit qu’on ne peut pas venir au Père sans passer par le Fils, qu’on ne peut pas détester le Fils et aimer le Père, qu’on ne peut pas rejeter le Fils et être dans une relation véritable avec le Père.

La conséquence pour le chrétien, c’est qu’il a une mission difficile à accomplir. Parce qu’il a été transformé par l’union avec le Christ, il veut rendre témoignage de la manière dont sa vie a changé grâce à lui. Mais parce que le monde rejette le Christ, il sait qu’il rencontrera de l’opposition. Jésus veut rassurer les chrétiens par ce discours en leur disant que la persécution est quelque chose de bien normale pour ceux qui le suivent. Et il nous donne la motivation pour traverser courageusement ces difficultés : approfondir encore et toujours notre compréhension du mystère glorieux de l’union avec le Christ. Par son Esprit, il demeure en nous, et nous en lui !

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Si le monde vous déteste.

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Vous êtes mes amis (Jn 15.9-16)

Pierre-Sovann | 2 avril 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée le 20 décembre à l’Eglise Protestante Evangélique de Franconville et le 27 décembre à l’Eglise Protestante Evangélique des Ternes sur le texte de Jean 15.9-16 dans lequel Jésus explique nous avons besoin d’amis, et comment il est celui qui comble parfaitement ce besoin :

I. Pourquoi ressentons-nous ce besoin d’avoir des amis ?

  1. Parce que nous sommes comme Dieu : nous avons été créé à son image. Or la Bible enseigne que s’il n’y a qu’un seul Dieu, il existe en ce seul et même Dieu trois personnes (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) qui entretiennent de toute éternité des relations harmonieuses, une amitié parfaite.
  2. Parce que nous avons besoin de Dieu : ce besoin d’échapper à la solitude et de lier des relations n’est pas uniquement horizontal (entre êtres humains) mais révèle en plus l’aspiration à une amitié verticale (avec Dieu), car ce que nous attendons de nos amitiés, en réalité aucun simple humain ne peut nous le donner entièrement. Mais Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, est celui qui peut nous combler parfaitement.
  3. Parce que nous avons été créés pour être heureux : le but principal de l’homme est de glorifier Dieu et de faire sans cesse de lui notre joie. Pour que notre joie soit complète, Jésus nous demande de garder ses commandements. Et ses commandements se résument un en seul commandement : le commandement d’amour. C’est ainsi que nous vivrons heureux, et c’est au fond ce qui se cache derrière notre besoin d’avoir des amis.

II. Comment décrire cet amitié dont nous ressentons le besoin ?

  1. Un ami, c’est quelqu’un qui se sacrifie pour vous : il donne de son temps, de ses capacités, de son argent pour vous faire prospérer. Il peut même donner sa vie s’il le faut. A proprement parler cependant, aucun humain ne peut donner sa vie : tout ce que nous pouvons faire, c’est donner les années qui nous reste. Le seul qui puisse réellement donner sa vie, c’est Jésus : étant donné qu’il était sans péché, il n’était pas obligé de subir la mort (qui est le châtiment lié à la rébellion contre Dieu). Mais il l’a fait, parce qu’il est l’ami parfait.
  2. Un ami, c’est quelqu’un qui s’ouvre à vous : il vous explique pourquoi il fait ce qu’il fait, et pourquoi il vous conseille (ou ordonne) ce qu’il vous conseille (ou ordonne). Jésus-Christ est le Seigneur de l’univers, et à ce titre notre maître à tous ; mais il se fait aussi l’ami de ses disciples, de sorte qu’il s’ouvre à tous ceux qui mettent leur foi en lui et qui peuvent alors recevoir ses paroles (accessibles par les Ecritures), et ainsi, il est l’ami parfait.

III. Quelques applications :

  1. En ce qui concerne nos amitiés terrestres : il faut se rendre compte que l’art de se faire des amis implique à la fois de se donner pour eux (efforts et sacrifices) et de s’ouvrir à eux (confiance et confidences). La dynamique de l’amitié, c’est l’art d’agir pour l’autre et de s’ouvrir à lui progressivement en l’encourageant à faire simultanément de même.
  2. En ce qui concerne l’amitié avec Dieu : il faut cesser de considérer Dieu comme un maître seulement (même s’il l’est aussi) de qui l’on souhaite recevoir un salaire (on ne sera jamais à la hauteur !) mais aussi comme un ami qui nous accueille, qui s’est sacrifié pour nous d’une manière inconcevable en Jésus-Christ et qui s’ouvre à nous par les Ecritures.
  3. En ce qui concerne le changement chrétien : le Christ est notre ami, et non seulement notre maître. La conséquence, c’est que lorsque nous péchons, nous ne volons pas seulement un employeur, mais nous trahissons un ami. Se rendre compte de cela nous met alors dans la position  d’agir selon le principe suivant :  « Tu as donné ta vie pour moi, je peux donc donner ma vie pour toi, parce que donner ta vie t’a anéanti, mais donner ma vie me comblera ».

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Vous êtes mes amis.

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Louange & sainteté

Pierre-Sovann | 31 mars 2010

Voici un résumé de l’exposé que j’ai donné le samedi 21 novembre 2009 à pour une formation sur la louange proposée par le département louange de l’Action de la Jeunesse Evangélique HMong. Après avoir brièvement défini la louange et la sainteté, j’ai proposé un parcours biblique sur le thème du rapport entre louange et sainteté dans l’ordre suivant :

I. Louange et sainteté dans l’Apocalypse

Le livre de l’Apocalypse débute avec l’affirmation que l’Eglise est un royaume de prêtres appelés à être saints pour adorer Dieu. Dans ses visions, l’Apôtre Jean voit à plusieurs reprise des personnages louer Dieu à cause de sa sainteté. En examinant ce qu’ils ont à dire, on se rend compte que louer Dieu, c’est lui donner gloire, honneur et reconnaissance. Et qu’il est digne de notre louange à cause de sa sainteté, parce que la sainteté de Dieu, c’est ce qui fait de lui un être suprême, transcendant, élevé, différent des créatures.

II. Louange et sainteté dans l’Exode

L’Exode est l’événement fondateur de l’histoire du peuple d’Israël en tant que peuple. C’est le moment où dieu s’est fait connaître au peuple comme libérateur et où il lui a donné une mission : celle d’être un royaume de prêtres qui déclarerait ses louanges parmi les nations et une nation sainte qui démontrerait ce qu’implique de vivre en alliance avec le Dieu incomparable. Mais dans sa rencontre avec le Dieu saint, le peuple se rend bien compte de son indignité, et de ce qu’il y a d’effrayant de s’approcher d’un Dieu si différent. Le péché du peuple l’éloigne de Dieu : sa relation avec Dieu doit passer par des intermédiaires (personnes ou institutions) pour qu’elle soit supportable. Lorsqu’on n’est soi-même pas saint, c’est-à-dire séparé du péché, on ne peut pas prétendre à une relation avec le Dieu saint.

III. Louange et sainteté en Esaïe 6

L’expérience qu’a faite Esaïe lorsque Dieu l’a appelé à devenir prophète nous montre comment un homme impur, un peuple impur peuvent tout de même louer le Dieu saint. Il faut pour cela faire l’expérience de la gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’au plus profond de notre existence nous nous rendions compte que Dieu est plus important que nous. Pour cela, il nous faut faire l’expérience (i) d’une beauté radicale, effrayante en fait, celle de Dieu ; (ii) d’une humilité radicale, par laquelle nous reconnaissons notre indignité totale devant lui ; et (iii) d’une purification radicale, que Dieu nous donne et qui nous confère un nouveau statut devant lui.

IV. Louange et sainteté dans le Nouveau Testament

Bien que la sainteté soit un pré-requis pour louer Dieu, Dieu dans sa grâce, par Jésus-Christ, nous permet d’entrer dans sa présence même si nous ne sommes pas personnellement saints. Il nous voit cependant comme saints, parce qu’il nous considère en son Fils auquel nous sommes unis par la foi. Et c’est donc en réponse à la faveur de Dieu, et non pour l’obtenir, que nous allons devenir saints pour Dieu. C’est donc par reconnaissance et non par devoir seulement que nous allons nous consacrer à lui et c’est dans cette optique qu’il faut lire les injonctions à la sainteté dans le Nouveau Testament. C’est ainsi que nous louerons Dieu avec toute notre vie, manifestant ainsi notre reconnaissance envers celui qui nous a sauvés.

Le texte complet de l’intervention est disponible en pdf : Louange & sainteté.

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Le paradoxe de l’homme (Mt 7.9-11)

Pierre-Sovann | 22 mars 2010

Voici un résumé de l’intervention que j’ai donné le vendredi 20 novembre 2009 lors de la soirée Jazz organisée par les GBU de Paris au temple de Luxembourg.

Dans le texte de Matthieu 7.9-11, Jésus nous montre que la complexité des hommes :

  1. Ils sont capables de faire des choses qui sont bonnes en elles-mêmes.
  2. Cela ne veut cependant pas dire que l’homme est bon par nature. En fait le verdict de Jésus est sans appel, puisqu’il s’adresse ainsi à ses propres disciples : « tout mauvais que vous êtes… » !

Une telle affirmation de Jésus est lourde de conséquences. Car si, d’une part, cela signifie qu’il ne faut pas noircir le tableau en ce qui concerne ce que l’homme est capable de faire (il est bien capable de faire de bonnes choses), d’autre part, il faut comprendre dans quelle situation nous place un tel verdict de Jésus sur la nature déchue de l’homme. Pour Jésus, il faut une justice parfaite pour entrer dans le royaume des cieux. Mais si nous sommes mauvais, nous ne pouvons pas prétendre posséder une telle justice. Et si nous ne pouvons entrer dans le royaume des cieux, que nous reste-t-il ? Jésus est très clair là-dessus : nous sommes bons pour l’enfer !

Cette pensée nous paraît scandaleuse et rétrograde, mais c’est bien ce que dit Jésus. Et si on y réfléchit un peu, on peut percevoir qu’il s’agit là d’une fin en somme assez logique. Dieu est un être d’une valeur infinie à qui nous devons tout parce qu’il est notre créateur ; mais nous, nous décidons de vivre sans lui pour n’en faire qu’à notre tête, commettant ainsi une faute d’une gravité infinie, parce qu’il est une personne d’une importance infinie. Pour cette raison, nous méritons à juste titre un châtiment infini. Et comme nous sommes des êtres finis, la seule manière de portée un châtiment infini, c’est de le subir éternellement !

Alors, comment échapper à une fin si logique mais si terrible ? Jésus nous le dit : c’est en demandant à Dieu de nous préserver de sa propre colère. Comment ? En nous appuyant sur l’oeuvre de Jésus à notre place qui a pris sur lui le châtiment de tous ceux qui placeraient leur confiance en lui. C’est cela l’Evangile, la bonne nouvelle d’un salut gratuit.

C’est ainsi que l’homme pourra non seulement produire de temps en temps quelques bonnes actions, mais il pourra alors aussi commencer à faire ce pourquoi il a été créé : rendre gloire à son créateur.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Le paradoxe de l’homme

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Une meilleure prêtrise, un meilleur grand-prêtre ! (Hb 7.1-28)

Pierre-Sovann | 16 mars 2010

Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le vendredi 13 novembre 2009 à l’Interfac des GBU de Paris. Dans le texte d’Hébreux 7.1-28, l’auteur de la lettre veut démontrer que Jésus a été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. Pour ce faire, il procède en trois temps :

I. La grandeur de Melchisédek

Avant de démontrer que Jésus a été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek, l’auteur de la lettre rappelle à ses destinataires les faits essentiels révélés à propos de l’énigmatique Melchisédek en Genèse 14 :

  • Il était à la fois roi et sacrificateur du Dieu très-haut.
  • Il était supérieur à Abraham puisqu’il était en position de le bénir et de recevoir sa dîme.
  • Son nom (Melchisédek) signifie « roi de justice » et son titre (roi de Salem) signifie « roi de paix »
  • Il est présenté par le texte de Genèse 14 sans généalogie, et est ainsi littérairement présenté comme sans père ni sans mère, sans commencement de jours, ni fin de vie.

II. Jésus est grand-prêtre selon l’ordre de Melchisédek

Le raisonnement que l’auteur suit pour établir cette thèse comporte 3 étapes :

  1. Abraham, et donc Lévi, ont payé la dîme, ce qui démontre la supériorité de Melchisédek et de son sacerdoce : Les prêtres du peuple juif descendaient de Lévi ; Lévi descendaient d’Abraham ; Abraham a payé la dîme à Melchisédek, ce qui implique que Melchisédek était supérieur à Abraham ; comme Lévi était représenté par Abraham, son ancêtre, il s’ensuit que Lévi et son sacerdoce sont inférieurs à Melchisédek et son sacerdoce.
  2. L’annonce, avec serment, d’une nouvelle « économie » établit son
    excellence et signifie l’abrogation de l’ancienne
    : « l’économie » désigne ici la manière dont Dieu gère la relation qu’il a avec son peuple et comprend une certaine forme de prêtrise, une certaine forme de loi et une certaine forme d’alliance ; mais puisque dans le Psaume 110 Dieu a mis en évidence l’insuffisance de l’ancienne économie (dont le sacerdoce selon l’ordre de Lévi était constitutif) en annonçant la nécessité d’une nouvelle alliance établie par un prêtre-roi selon l’ordre de Melchisédek, et qu’il l’a non seulement annoncé mais « juré », il s’ensuit qu’il est certain qu’une nouvelle économie devait être établie, abrogeant l’ancienne.
  3. Il n’y a maintenant plus qu’un seul et éternel souverain sacrificateur : Jésus-Christ, parce qu’il est ressuscité et qu’il vit éternellement, est ce roi-prêtre qu’il nous fallait et qui intercède pour nous en tant que souverain sacrificateur dans la lignée de Melchisédek.

III. Le Fils est le grand-prêtre qui nous convient

Parce que Jésus était sans péché, il n’avait pas besoin d’offrir de sacrifice pour ses propres péchés comme devaient le faire les grands-prêtres de la lignée de Lévi. Et pour cette raison, son sacrifice a pu être accepté par Dieu comme le sacrifice ultime et suffisant une fois pour toute.

Contempler en Jésus le souverain sacrificateur établi dans la lignée de Melchisédek, c’est renforcer notre espérance en lui, c’est consolider notre assurance : il est le souverain sacrificateur qu’il nous faut, parce qu’il est souverain sacrificateur pour toujours dans la lignée de Melchisédek, nous savons que Dieu nous accepte en sa présence et que nous pouvons nous approcher du trône de sa grâce pour être secourus dans nos besoins.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Une meilleure prêtrise, un meilleur grand-prêtre !

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Jésus-Christ

Une stratégie missionnaire, deux réactions différentes (Ac 17.1-15)

Pierre-Sovann | 7 mars 2010

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée à l’Eglise des Ternes et à la Rencontre du Dimanche Soir de l’Eglise Evangélique de Paris-Centre le 2 novembre 2009 sur le texte d’Actes 17.1-15 qui nous permet de nous arrêter sur la stratégie missionnaire de Paul et de voir quels étaient les réactions qu’entraînaient toujours la proclamation de ce qu’il avait à dire…

I. Ce que fait Paul

La stratégie missionnaire de Paul, dans toutes les villes où il passait, était d’aller d’abord dans les synagogues, parce que c’est là qu’on n’y trouve des personnes qui connaissent l’Ecriture, afin de pouvoir former rapidement un premier petit noyau de croyant pour établir une église dans cette ville. Et une fois arrivé à la synagogue, que fait-il ? Il parle :

II. Ce que dit Paul

Paul ne parle ni de sa rencontre personnelle avec le Christ, ni de la vie changée qui en a découlé. Il ne leur donne pas son témoignage. Ce qu’il fait plutôt, c’est discuter avec ses auditeurs à partir des Ecritures en expliquant et démontrant que le Messie devait souffrir et ressusciter. Ca nous montre bien comment nous devrions lire la Bible : non comme un manuel d’instruction qui nous donne des préceptes sages pour savoir comment vivre, mais comme une histoire, l’Histoire du Salut, qui culmine en Jésus-Christ, qui est celui qu’annonçaient les prophètes, celui en qui espérait Israël. Au centre de la Bible, il y a l’Evangile, la proclamation d’une bonne nouvelle, à savoir que le Messie devait souffrir à notre place la condamnation que nous méritons et ressusciter pour manifester qu’il a effectivement vaincu le péché et la mort et que ceux qui croient en lui en sont libérés.

III. Comment les gens réagissent

La première réaction possible au message de l’Evangile, c’est d’y adhérer, d’accueillir cette parole avec empressement, de se laisser bouleverser par le message des Ecritures, et d’y répondre comme on le doit, c’est-à-dire en croyant en Jésus-Christ pour être uni à lui par la foi.

La deuxième réaction possible, c’est l’opposition. Lorsqu’on a réellement compris le message chrétien que Dieu nous sauve sans contribution de notre part, alors soit on accepte ce message avec une joie immense soit on le rejette avec force. Le message chrétien, lorsqu’il est compris, ne peut laisser indifférent. Pourquoi ? Parce qu’il dit précisément que l’homme est incapable par lui-même de faire quoi que ce soit pour se sauver ; qu’il ne peut rien mériter ; que ses plus grands efforts sont non seulement inutiles en ce qui concerne son salut, mais même qu’ils aggravent sa situation devant Dieu. Et un tel message heurte notre sensibilité, notre estime de nous-mêmes, notre orgueil. Nous voulons croire que nous pouvons y arriver par nous-mêmes. Et même lorsque nous savons que nous ne pouvons pas y arriver, nous sommes en colère contre nous-mêmes et contre le monde et contre Dieu, parce que nous croyons que nous méritons d’être meilleurs que ce que nous sommes ! On voit là que même le manque d’estime de soi, l’apitoiement sur soi-même peut être une forme paradoxale d’orgueil. Et le message de l’Evangile nous heurte. Et pour cette raison, il peut nous faire réagir violemment.

Ce texte place devant nous deux manières de réagir au message de l’Evangile. Choisirons-nous l’adhésion joyeuse ou l’opposition délibérée à un tel message ?

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Une stratégie missionaire, deux réactions différentes. Cette prédication a également été enregistrée et est disponible sur la page “messages” de l’Église des Ternes aux formats mp3 et wma.

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Réprimandes, avertissement & paroles de réconfort (Hb 5.11-6.20)

Pierre-Sovann | 1 mars 2010

Retour sur la toile ! Voici un résumé de la prédication que j’ai donné le vendredi 30 octobre 2009 à l’Interfac des GBU de Paris. Dans le texte d’Hébreux 5.11-6.20, l’auteur de la lettre adresse successivement à ses destinataires trois sortes de paroles :

I. Une réprimande

L’auteur leur fait le reproche qu’ils sont devenus lent à comprendre et que, pour cette raison, ce qu’il a à leur dire est trop compliqué pour eux. Alors qu’ils sont chrétiens depuis suffisamment longtemps pour qu’on puisse espérer d’eux qu’ils transmettent à d’autres ce qu’ils ont compris, ils en sont toujours à l’enfance de la foi sans être capables de tirer pour eux-mêmes les conséquences pratiques de leur foi en Jésus. Il est donc impératif qu’ils grandissent, qu’ils voient que toute la Bible parle de Jésus et qu’ils en tirent les conséquences pour leur vie de tous les jours, c’est-à-dire en menant une vie juste informée par une compréhension correcte de la personne et de l’œuvre du Christ.

II. Un avertissement

Si on ne voit pas que la Bible tout entière raconte l’Histoire d’un Dieu qui nous sauve par Jésus-Christ, alors on risque de commettre l’apostasie, c’est-à-dire d’abandonner sa profession de foi chrétienne, car ce qui fait la singularité du christianisme, c’est l’énorme accent mis sur la personne et sur l’œuvre du Christ. Ce que dit l’auteur de la lettre ici, c’est qu’on peut très bien se dire chrétien depuis des années, fréquenter une église chrétienne, avoir fait l’expérience de diverses bénédictions de la part de Dieu, sans pour autant être un chrétien authentique. Il faut donc s’examiner pour savoir si l’on ne fait pas partie de cette « mauvaise terre » qui a reçu des « pluies » de bénédictions mais qui pourtant ne produisent qu » ‘épines et chardons », et si c’est le cas, alors ce n’est pas d’une meilleure compréhension de la personne et de l’oeuvre du Christ dont on a besoin, mais d’un début de compréhension ! Mais l’auteur de la lettre a la conviction que ce n’est pas là l’état de la plupart de ces destinataires, et c’est pourquoi il leur adresse enfin :

III. Des paroles de réconfort

Des paroles de réconfort doivent accompagner les réprimandes et les avertissements qui sont donnés à ceux qui sont tentés d’abandonner la foi mais qui ont par le passé ont donné des signes d’une appartenance véritable à Dieu : de belles oeuvres et de l’amour (pour Dieu et pour leurs prochains). Leur réconfort, leur assurance provient de deux sources.

La première est subjective : il s’agit de s’examiner soi-même et de voir si nous avons porté du fruit par le passé (c’est-à-dire si nous avons progressé, devenant au fil du temps un peu plus semblables à Jésus). Si c’est le cas, nous pouvons être sûrs que, puisque Dieu est fidèle, la bonne oeuvre qu’il a commencé en nous, il la conduira à son terme.

La deuxième est objective : c’est que, comme dans le cas d’Abraham, Dieu a ajouté son serment à sa promesse pour que notre espérance devienne assurance. En l’occurrence, Dieu promet que ceux qui croient en Jésus deviennent ses enfants, et il ajoute à cette promesse le serment que cette promesse est vraie (le Saint-Baptême et la  Sainte-Cène fonctionnent ainsi, c’est-à-dire comme signes et sceaux de la promesse que Dieu fait de ceux qui croient en Jésus ses enfants).

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : Réprimandes, avertissement et paroles de réconfort.

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L’oeuvre du vigneron (Jn 15.1-6)

Pierre-Sovann | 26 octobre 2009

Voici le résumé de la prédication que j’ai donnée hier à l’Eglise Protestante Evangélique de Sannois sur le texte de Jean 15.1-6 dans lequel Jésus explique ce que Dieu fait pour que son peuple devienne mature.

I. Le vigneron examine les sarments pour retrancher ceux qui ne portent pas de fruit.

Jésus se compare au cep d’une vigne et ses disciples aux sarments attachés à ce cep. Ce faisant, il reprend une image bien connu de l’Ancien Testament : la vigne représentait Israël, le peuple de Dieu. En réinvestissant cette image, et en disant qu’il est le vrai cep, Jésus se présente comme le véritable Israël – celui qui a véritablement obéi à Dieu et qui a véritablement fait son plaisir – et que le peuple qu’il est en train de se former (l’Eglise) est en pleine continuité avec le peuple de l’Ancien Testament (Israël). La relation qu’on peut avoir avec Jésus dans le cadre de l’Eglise peut être uniquement formelle et superficiel, comme un sarment attaché au cep qui ne porte pas de fruit. Ou alors elle peut être vitale, profonde, comme un sarment attaché au cep et qui porte du fruit. Ce que Jésus signifie en disant que son Père est un vigneron qui retranche les sarments qui ne portent pas de fruit, c’est qu’il est possible d’être quelqu’un de religieux tout en étant pas uni véritablement au Christ par la foi – et la destination d’une telle personne, c’est la perdition. Il nous faut entendre un tel avertissement, et la question qui se pose à chacun est donc la suivante : notre attachement au Christ est-il réel ou n’est-il qu’apparent ? Est-ce que c’est de lui que nous retirons notre vie, ou est-ce d’autres choses ou personnes ?

II. Le vigneron taille les sarments qui portent du fruit pour qu’ils en portent encore plus

Le fait qu’un vigneron doivent tailler les sarments qui portent du fruit pour qu’ils en portent encore plus illustre un principe un peu effrayant : pour progresser, il faut être astreint à une certaine discipline. Ainsi, l’or brut doit être purifié dans la fournaise pour devenir de l’or fin ; l’athlète doit s’entraîner durant des heures pour devenir un champion ; les parents doivent punir leur enfant pour bien l’élever… et Dieu doit nous discipliner pour que nous progressions vers le but qu’il a pour nous (i.e. nous rendre semblable à Jésus). C’est pourquoi Jésus dit que son Père est comme un vigneron qui taille sa vigne. On peut avoir parfois l’impression que Dieu a saccagé notre vie. Mais il n’en est rien. Il sait ce dont nous avons besoin pour devenir conforme à l’image de son Fils Jésus-Christ. Et c’est seulement en nous enlevant ce en quoi nous plaçons indûment nos espoirs que Dieu nous fait progresser.

3 Applications :

(i) Apprendre : La prochaine fois qu’on se demandera pourquoi Dieu nous enlève telle ou telle chose, il faudra apprendre que c’est parce que c’est mieux ainsi. Dieu veut que ce soit de lui seul que nous retirions notre vie, il veut que notre cep, ce soit Jésus, il veut que nous soyons unis à lui, et que ce soit lui la source de nos espoirs, celui qui comble nos aspirations. C’est pourquoi il taille dans le vif, afin de nous enlever ce qui nous tenait en esclavage ou qui aurait pu devenir une idole.

(ii) Lui faire confiance : Dieu sait ce qu’il fait. Mais pour lui faire confiance, nous devons arrêter de nous fier à nos propres intuitions, nous devons nous méfier des sentiments de besoin que nous pouvons ressentir. Dieu nous discipline et nous devons lui faire confiance et admettre qu’il sait mieux que nous-mêmes ce dont nous avons besoin.

(iii) Lui obéir : nous devons demeurer en Christ. Lorsque nous sommes sous l’instrument du vigneron, acceptons qu’il nous travaille : dépendons de Jésus, écoutons ses paroles, contemplons son amour.

Le texte complet de la prédication est disponible en pdf : L’oeuvre du vigneron.

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